Ouverture du procès du meurtre raciste d'Anvers

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La Belgique fait face à son extrême droite. C’est ce lundi que s’ouvre à Anvers le procès de Hans Van Themsche, jeune Belge de 19 ans, accusé d'avoir tué en mai 2006 une fillette et sa nourrice africaine dans un raid raciste.

Un fait divers tragique qui avait choqué le pays. Car au-delà du crime, c’est l’expédition raciste d’un jeune homme issu d'un milieu d'extrême droite qui sera jugé.

Tête basse

D'une voix hésitante, tête basse, sans un regard pour la salle, Hans Van Themsche a répondu peu avant 10h aux questions de routine du président de la cour, Michel Jordens: nom, année de naissance (1988), domicile, profession (étudiant).

L'accusé est ensuite resté prostré durant le tirage au sort du jury populaire. Il doit être interrogé plus longuement lundi après-midi, après la lecture de l'acte d'accusation par l'avocat général Franky De Keyzer.

Froidement abattues

Au cours de ce procès prévu pour durer deux ou trois semaines, Hans Van Themsche doit répondre du meurtre de Luna Drowart, une fillette de 2 ans, fille d'un couple de restaurateurs anversois, et d'Oulematou Niangadou, sa «nounou» malienne de 24 ans, qu'il avait froidement abattues par balles alors qu'elles se promenaient dans le centre d'Anvers il y a 15 mois.

Il est également accusé d'une tentative de meurtre sur une femme turque de 47 ans portant le voile, Songul Koç, qu'il avait grièvement blessée alors qu'elle lisait à deux pas de là, assise sur un banc. Un policier avait finalement stoppé la course du jeune homme, en le blessant par balles. Hans Van Themsche, qui avait expliqué ses actes par des motifs racistes, risque la prison à perpétuité.

Procès attendu

S'il y a «peu de doutes sur sa culpabilité», soulignait lundi le quotidien flamand Het Laatste Nieuws, son procès reste néanmoins l'un des plus significatifs de ces dernières années en Belgique. Il pose la question du racisme dans une grande ville portuaire comme Anvers, où un tiers des électeurs vote pour le parti d'extrême droite Vlaams Belang et où vivent notamment une importante communauté juive orthodoxe ainsi que des populations originaires d'Afrique du nord.

«Jusqu'où peut mener l'idéologie d'extrême droite dans laquelle il baignait?», s'interroge Het Laatste Nieuws, le journal le plus lu en Flandre.

Hans Van Themsche, qui venait d'être renvoyé de son internat pour avoir fumé et bu de l'alcool dans sa chambre, était passionné par les armes et par les uniformes, selon la presse belge. Admirateur d'un grand père qui avait combattu aux côtés des SS, adepte des jeux vidéos violents, il a déclaré aux enquêteurs «se retrouver dans les idées du Vlaams Belang».

 Il estimait être la victime d'une injustice, son renvoi de l'école, après y avoir subi les brimades de jeunes d'origine immigrée quelques années auparavant. Il avait expliqué à ses amis vouloir se suicider, mais pas avant d'avoir abattu le plus d'étrangers possible.

Lundi, ses avocats ont dénoncé le portrait que les journaux avaient fait de lui, estimant que le procès du coup était faussé.