« Pour moi, Bamboula veut dire faire la fête »

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Un enseignant poursuivi pour des propos racistes par un de ses élèves, un lycéen d'origine angolaise, a été condamné mardi à un mois de prison avec sursis et 1500 € de dommages et intérêts par le tribunal correctionnel d'Epinal.

Les incidents, qui avaient débuté en octobre, avaient été dénoncés par des camarades de classe du lycéen. Parmi les insultes rapportées au conseiller principal d'éducation et qui figurent dans la plainte déposée : «Tu es noir, tu voles, non ?», ou encore «Ah, voilà Bamboula !». «Ce professeur a manqué à tous ses devoirs. Il est temps pour lui de comprendre que la France est devenue pluriethnique», s'est indignée la substitut du procureur, Delphine Jabeur, en requérant un mois de prison avec sursis et 2.000 euros de dommages et intérêts à l'encontre de l'enseignant.


Les incidents avaient repris en avril

Agé de 52 ans, le professeur de mathématiques du lycée technique Jean-Charles-Pellerin d'Epinal, absent à l'audience, avait déclaré en juin avoir prononcé le mot «Bamboula» pour plaisanter. «L'élève rentrait en classe joyeux, souriant et en chantant avec son lecteur MP3 sur les oreilles. Pour moi, Bamboula n'a pas un caractère raciste mais un sens festif. Cela veut dire faire la fête», avait-il expliqué à l'AFP. «Ce n'est pas quelqu'un de raciste. Il voulait juste stigmatiser le comportement d'un élève dans une classe très difficile», a argumenté son avocat, qui a plaidé la relaxe pour des questions de forme.

Convoqué par le proviseur en mars, le professeur s'était excusé auprès des parents de la victime dans une lettre au recteur de l'académie de Metz-Nancy. Mais les incidents avaient repris en avril, selon la victime, qui a alors cessé d'aller à ses cours de maths. «De tels comportements sont scandaleux. Certes, le métier d'enseignant est de plus en plus difficile, mais il s'est comporté de manière indigne de façon répétée. Ce n'était pas un dérapage isolé», a dénoncé l’avocat du lycéen et de son père.

Le Mrap et la LDH, qui s'étaient constitués partie civile, ont obtenus 300 euros de dommages et intérêts.