« Je propose la disponibilité des listes de pédophiles pour tous »

REACTIONS L’annonce des mesures choisies par Nicolas Sarkozy pour lutter contre les criminels sexuels suscite de multiples réactions du monde politique, judiciaire et médical

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Plusieurs membres de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes ont découvert mardi au cours d'une visite inopinée dans une communauté biblique 18 enfants "coupés du monde", qui ne vont pas à l'école, ne jouent pas, ne sortent pas et "ne connaissent même pas Zidane", ont-ils dit au cours d'une conférence de presse.
Plusieurs membres de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes ont découvert mardi au cours d'une visite inopinée dans une communauté biblique 18 enfants "coupés du monde", qui ne vont pas à l'école, ne jouent pas, ne sortent pas et "ne connaissent même pas Zidane", ont-ils dit au cours d'une conférence de presse. — Philippe Merle AFP/Archives
« Je propose la disponibilité des listes de pédophiles pour tous »
Georges Fenech, député UMP du Rhône et membre de la commission d'Outreau, sur LCI.fr


«Ces mesures ne me choquent pas et j'irai même plus loin. Je propose le fichage des pédophiles et la disponibilité de ces listes pour tous. Ainsi, chaque citoyen pourrait savoir si un pédophile réside près de chez lui.En Floride, cette méthode fonctionne bien. (…) L'échange d'informations (entre personnel pénitentiaire et médical) est devenu indispensable aujourd'hui, comme le montre le cas de Francis Evrard. En outre, un médecin doit être complètement informé de la situation de son patient car il ne soigne pas un individu en tant que tel mais un individu qui est passé à l'acte et peut menacer l'ordre public. (…) En comparaison avec d'autres pays européens, le budget de la justice française est sinistré. Il faut passer à la vitesse supérieure.»


« La surenchère législative n'apporte rien»
Elisabeth Guigou, député PS et ancienne garde des Sceaux, sur Europe 1

« Je trouve très bien que le président de la République prenne les affaires en main. (Mais) la surenchère législative n'apporte rien. (Ce qu’il faut) c'est des moyens humains et matériels pour pouvoir encadrer davantage (ce type de criminels). Nous avons un arsenal juridique maintenant (...) et je ne vois pas ce qu'une nouvelle loi sur l'allongement de la peine va pouvoir apporter. »


« Sous le coup de l’émotion, on fait de mauvaises lois»
Christophe Regnard, secrétaire national de l'Union syndicale des magistrats (USM)

« Comme à chaque fois, on légifère sous le coup de l'émotion et on fait des mauvaises lois. Il n'y a rien de nouveau dans les mesures qui sont annoncées. Soit on réforme des choses qui ont été modifiées au cours des deux dernières années, soit on réinvente des choses qui existent déjà. »


« Un risque de confusion »
Laurence Mollaret, vice-présidente du Syndicat de la magistrature (SM)

« (Il y a) un risque de confusion entre la réponse judiciaire et le traitement médical (puisqu'il s'agit d'ajouter) à une première mesure de peine, une nouvelle mesure privative de liberté. »


« Un manque terrible de moyens pendant l'incarcération »
Bruno Thouzellier, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire)

« Il est très regrettable que (Nicolas Sarkozy) n'ait rien dit sur le suivi en milieu carcéral. En termes d'engagement budgétaire, il n'a pas traité le manque terrible de moyens pendant l'incarcération. (Les mesures proposées ne sont qu’) un effet d'annonce (et) une réaction hyper médiatisée (à l'enlèvement et au viol commis par Evrard). »


« Nous sommes en train de faire un bond de trente ans en arrière »
Marylise Lebranchu (PS), ancienne garde des Sceaux, dans « Le Parisien »


« On supplée la peine de mort par l’enfermement à vie (…) Nous sommes en train de faire un bond de trente ans en arrière. Or une société qui régresse est une société qui génère de la violence. (…) Les déclarations faites par le président de la République hier sont un terrible constat d’échec. En 1998, nous parlions déjà de l’injonction thérapeutique et des obligations de soins pour les délinquants sexuels (mais) les psychiatres chargés de dépister les déviances dans les hôpitaux sont trop peu nombreux. Alors (…) nous revenons au système asilaire. C’est une forme de retour vers la barbarie. (…) Le bracelet électronique (est une solution). Mais il faut surtout travailler sur la fameuse sortie (de prison), qu’on réussit si mal.»


« Je souhaite bien du courage à la chancellerie ! »
Pascal Clément, ancien garde des Sceaux de Dominique de Villepin, sur France info


« Est-ce qu'on peut considérer que l'enfermement psychiatrique est une peine ou n'est pas une peine ? Si c'est une peine, vous tombez sur l'inconstitutionnalité de la loi, parce que nous ne pouvez pas rajouter à une peine une autre peine. En revanche si l'enfermement psychiatrique n'est pas une peine, alors là oui, c'est sans doute la solution. (…) La question posée par la proposition du président de la République, c'est de savoir si l'on peut distinguer le criminel sexuel des autres. (Cela) va dans le bon sens (mais) il y a un risque de rupture d'égalité entre deux sortes de détenus : ceux ceux qui ont commis des crimes et ceux qui ont commis un crime sexuel. (…) Je souhaite bien du courage à la Chancellerie (pour) la mise en place juridique des solutions. Ce n'est pas fait! »


« Je suis surpris »
Gérard Collomb, sénateur-maire (PS) de Lyon, dans un communiqué


«C'est avec surprise que j'ai appris, par le biais de la presse, l'hypothèse de création d'un premier hôpital fermé pour les pédophiles jugés dangereux, à Lyon, en 2009. Je ne pouvais imaginer qu'une telle décision soit prise sans concertation ni avec les élus ni avec les corps médical et hospitalier local. (Il s’agit d’une) annonce visiblement hâtive et faite sans préparation et sans discussion avec le terrain.»