Couac sur le paiement des heures supplémentaires des officiers de police

SECURITE – Le syndicat majoritaire dénonce les propositions de l’Etat et rompt les négociations…

avec AFP

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Environ 500 policiers se sont rassemblés jeudi après-midi devant le ministère des Finances à Paris, à l'appel du Syndicat national des officiers de police (Snop, majoritaire), pour demander le paiement de leurs heures supplémentaires.
Environ 500 policiers se sont rassemblés jeudi après-midi devant le ministère des Finances à Paris, à l'appel du Syndicat national des officiers de police (Snop, majoritaire), pour demander le paiement de leurs heures supplémentaires. — Jean Ayissi AFP
Le syndicat national des officiers de police (Snop) rompt les négociations. Alors que le président Nicolas Sarkozy a affirmé ce mercredi à Evry sa volonté de mobiliser «tous les moyens de l'Etat» en faveur de la sécurité des Français, lors de sa visite à la direction départementale de la sécurité publique de l'Essonne, le syndicat majoritaire dénonce les «propositions honteuses de l'administration» pour régler le paiement en retard de leurs heures supplémentaires.

Dans un communiqué, le Snop précise qu'«outre le taux d'indemnisation de 9,25 euros bruts de l'heure alors que le coût moyen de l'heure pour ce corps est de 21 euros bruts», l'administration «compte imposer aux officiers un régime de travail inacceptable, qui s'exonère de la réglementation française et européenne».

Six à sept millions d’heures dues depuis 1998

Des manifestations de policiers s'étaient déroulées le 14 juin devant le ministère des Finances et dans plusieurs villes à l'appel du Syndicat pour demander le paiement de ces heures qu'il estimait entre six à sept millions dues, depuis 1998. Soit quelque 160 millions d'euros.

Le 23 juillet, interrogée au Sénat lors de l'examen du projet de loi de règlement du budget pour 2006, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie avait estimé à cinq millions le nombre «d'heures supplémentaires à rattraper», accumulées par les officiers de police au cours des dernières années.

La ministre avait annoncé son intention de mettre en oeuvre un dispositif pour compenser ce stock d'heures supplémentaires «une partie sous forme monétaire, une partie sous forme de temps libre». Elle avait souligné que le problème ne se posait que pour les officiers de police, «qui vont passer cadres» et n'auront plus droit, de ce fait, à des heures supplémentaires.

Inquiétude pour les officiers passés cadres

Pour le Snop, «en raison de l'accès à un régime de cadre, les officiers qui continueront de travailler les samedi, dimanche et jours fériés, avec possibilité de dépassement horaire même nocturne, n'ont aucune garantie de voir compenser ou indemniser dignement ce temps de travail et ainsi travailleraient bénévolement».

Le syndicat s'interrogeant «à l'heure où l'on parle au plus haut niveau de l'Etat de valorisation du travail, n'est-il pas incongru de pénaliser les officiers de police qui ont souvent sacrifié leur vie privée au bénéfice du service public?»

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