Une boucle est bouclée

avec AFP

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S'il s'est donné dimanche un jeune vainqueur de 24 ans, l'Espagnol Alberto Contador, le Tour de France, vénérable institution centenaire, se cherche un nouvel avenir après une 94e édition gangrenée par les soupçons de dopage.
S'il s'est donné dimanche un jeune vainqueur de 24 ans, l'Espagnol Alberto Contador, le Tour de France, vénérable institution centenaire, se cherche un nouvel avenir après une 94e édition gangrenée par les soupçons de dopage. — Franck Fife AFP

S'il s'est donné dimanche un jeune vainqueur de 24 ans, l'Espagnol Alberto Contador, le Tour de France, vénérable institution centenaire, se cherche un nouvel avenir après une 94e édition gangrenée par les soupçons de dopage.
«Nous ne voulons plus connaître cela», ont répété les organisateurs de la course, Patrice Clerc (président de la société ASO) et Christian Prudhomme (directeur du Tour).
Au terme de l'une des pires éditions de la décennie, neuf ans après le scandale Festina qui avait révélé au monde la gravité du dopage dans le peloton, de nombreuses questions restent en suspens.
   
L’appui du public
Si l'image renvoyée dans les médias par la 94e édition a été «désastreuse» (selon le mot du manager de Gerolsteiner, Hans-Michael Holczer), le Tour a conservé son pouvoir d'attraction. En France, mais aussi et surtout à l'étranger, où la course a suscité un énorme engouement sur son passage. En gardant l'appui du public, le Tour possède le meilleur des arguments. Auprès de ses grands partenaires et de la plupart des télévisions, qui disent, à l'image de France Télévisions, être rassurés par la fermeté des organisateurs.
Devant l'étendue du désastre du dopage, ses dirigeants s'interrogent sur différentes pistes. Ils donnent rendez-vous au 25 octobre, pour la présentation de l'édition 2008.

Tensions avec l'UCI
Pour l'heure, une seule certitude: les rapports entre le Tour et l'Union cycliste internationale (UCI) n'ont jamais été aussi tendus. Jusqu'à la rupture. L'union sacrée décrétée début mai a explosé au fil des jours. L'affaire Sinkewitz (dont le contrôle positif début juin par l'agence nationale allemande a été annoncé tardivement, pendant la course) et surtout le cas Rasmussen, le maillot jaune danois autorisé à courir malgré l'avertissement reçu avant le Tour, ont consommé la cassure.
Opposés au ProTour, le circuit mis en place par l'UCI sur lequel repose l'échafaudage de l'élite, les organisateurs du Tour ont dressé un «constat de faillite» du système. Ils ont annoncé leur volonté de s'appuyer sur d'autres instances que l'UCI pour combattre le dopage. Sans, pour autant, «s'exonérer» définitivement du pouvoir sportif, selon le mot de Patrice Clerc.
Hormis le Tour de France, son épreuve-phare qui assure l'essentiel de ses ressources, ASO organise aussi d'autres courses, parmi les plus importantes du calendrier, et compte pour alliés les responsables des deux autres grands tours (Giro, Vuelta). C'est tout l'équilibre du cyclisme qui dépend de sa politique et de sa capacité à la mettre en place.

Vers une formule mixte ?
Le président d'Amaury Sport Organisation (ASO), Patrice Clerc, déclarait ce dimanche dans un entretien à «L'Equipe» «réfléchir sérieusement» à l'adoption d'une nouvelle formule d'engagement pour le Tour de France cycliste mêlant groupes sportifs et équipes nationales.
Cette hypothèse ne règlerait évidemment pas à elle seule le problème du dopage, mais elle peut servir de levier aux dirigeants du Tour pour accélérer la mutation des équipes. Les groupes français et les Allemands ont fondé leur propre association, «mouvement pour un cyclisme crédible», plus exigeante sur les critères d'éthique. Le Tour pourrait s'appuyer sur eux dans sa démarche.
Pour toutes les équipes, s'ouvre une période d'incertitude. La plupart d'entre elles (12 sur les 20 du ProTour) n'ont pas de garantie de parrainage au-delà de 2008. Les prochains mois s'annoncent par conséquent décisifs pour l'économie de ce sport.