Contador, un champion pas au-dessus de tout soupçon

avec AFP

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A 24 ans, Alberto Contador offre déjà une belle figure de champion et une histoire poignante propre à lui attirer la sympathie des foules, mais sa victoire reste entachée par les suspicions de dopage sur le Tour de France.
A 24 ans, Alberto Contador offre déjà une belle figure de champion et une histoire poignante propre à lui attirer la sympathie des foules, mais sa victoire reste entachée par les suspicions de dopage sur le Tour de France. — Franck Fife AFP

Le Tour de France s’est trouvé un nouveau miraculé. Et comme Lance Armstrong qui a remporté sept fois la Grande boucle après s’être remis d’un cancer, il court pour l’équipe américaine Discovery Channel, qu’il a rejoint cette année. L’Espagnol Alberto Contador a remporté ce dimanche, pour sa deuxième participation (31e en 2005), le Tour de France, à seulement 24 ans. Pourtant, seulement trois ans plus tôt, il était opéré au cerveau pour un oedème cérébral, après une chute lors du tour des Asturies. Quelques mois plus tard, il remontait sur un vélo et remportait ces premières courses. «Alberto est un coureur hors du commun, l'un des plus talentueux que j'ai eu à diriger», dit de lui Johan Bruyneel, son directeur sportif chez Discovery Channel.

Vainqueur de Paris-Nice

Doté d'un gabarit de grimpeur (1,76 m pour 61 kg) et d'un démarrage fulgurant, l'Espagnol allie punch et régularité. Il est capable d'être brillant en montagne et proche des meilleurs contre-la-montre. Sur la foi de son profil sportif, Contador peut rêver à d'autres grandes victoires dans d'autres grands tours. Le coureur s’est d’ailleurs illustré en remportant au printemps Paris-Nice et une étape du tour de Valence. Mais les conditions de son triomphe sur les Champs-Elysées seraient, si nécessaire, une invitation à la prudence. Car les révélations des dernières années ont jeté le doute sur l'ensemble du peloton. Et surtout sur Contador lui-même.

Cité dans l'affaire «Puerto»

Samedi, pour sa grande conférence de presse à Angoulême, le maillot jaune a dû, une nouvelle fois, supporter un interrogatoire en règle sur ses liens présumés avec l'affaire de dopage sanguin dite «Puerto».
«Mon nom a d'abord été associé à cette affaire, mais l'UCI (Union cycliste internationale) a vite rectifié cette erreur. Je suis totalement en dehors de tout cela», n'a-t-il eu de cesse de répéter, alors qu'on l'interrogeait sur l'apparition de ses initiales dans certaines pièces du dossier d'instruction.
La performance, à elle seule, fait jaser. Contador a été le seul, en montagne, à suivre le Danois Rasmussen, exclu du Tour après les Pyrénées. Des experts ont sorti les calculettes pour mesurer la vitesse, la puissance, l'accélération. Contador, disent certains, «n'est pas crédible».

Formé par Manolo Saiz


L'environnement, ensuite. Le jeune homme était un poulain de Manolo Saiz au moment de l'affaire Puerto. A l'époque, le vainqueur du Tour considérait Saiz comme «un deuxième père». Jusqu'à ce que le sulfureux directeur sportif soit accusé d'avoir joué un rôle central dans l'affaire Puerto.
L'équipe, enfin. Après être passé chez Astana, l’équipe de Vinokourov, Contador a remporté le Tour de France sous le maillot de Discovery Channel, une équipe vivement critiquée en début de saison pour avoir embauché Ivan Basso, cité dans le dossier d'instruction Puerto. Une équipe parrainée par le septuple vainqueur du Tour de France Lance Armstrong, lui-même longtemps suspecté de dopage, bien qu'il n'ait jamais été contrôlé positif.