Otages sud-coréens: les talibans fixent un nouvel ultimatum à Kaboul

AFP

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"Dix-sept des Sud-Coréens sont malades", a-t-il assuré par téléphone. Un commandant taliban dans cette région, Abdullah Jan, se présentant comme un négociateur des rebelles, a déclaré par téléphone à l'AFP que les discussions n'avaient donné depuis deux jours "aucun résultat".
"Dix-sept des Sud-Coréens sont malades", a-t-il assuré par téléphone. Un commandant taliban dans cette région, Abdullah Jan, se présentant comme un négociateur des rebelles, a déclaré par téléphone à l'AFP que les discussions n'avaient donné depuis deux jours "aucun résultat". — Kim Jae-Hwan AFP

Les talibans ont annoncé dimanche donner jusqu'à lundi midi (09h30 heure française) aux autorités afghanes pour accepter leur demande d'un échange de prisonniers, menaçant dans le cas contraire de «tuer certains» des 22 Sud-Coréens otages depuis onze jours en Afghanistan. «Si les gouvernements afghan et sud-coréen ne s'impliquent pas davantage sur cette question (d'un échange de prisonniers), les talibans vont tuer certains des otages», a déclaré par téléphone à l'AFP Youssouf Ahmadi, porte-parole des rebelles. Les talibans ont proposé d'échanger huit Sud-Coréens contre le même nombre des leurs prisonniers avant d'entamer de nouvelles négociations sur le sort des autres otages.

Contraire aux valeurs de l’Islam

Mais les autorités afghanes réclament d'abord la libération des 16 femmes otages avant de négocier les exigences des talibans, selon le député Mahmoud Gailani, un des négociateurs du gouvernement afghan dans la province de Ghazni (140 km au sud de Kaboul) où a été enlevé le groupe. «Personnellement impliqué» dans la résolution de cette affaire, le chef de l'Etat afghan Hamid Karzai a lui espéré trouver une «solution appropriée» et jugé contraire aux valeurs de l'islam et afghanes les rapts d'étrangers, notamment de femmes. La police de Ghazni a exclu toute opération pour obtenir par la force la libération des otages, détenus par petits groupes à différents endroits.

Condamnation du pape

M. Karzai avait juré qu'il n'y aurait plus jamais d'échanges de prisonniers après celui, très controversé, ayant permis en mars la libération de l'Italien Daniele Mastrogiacomo. Cinq responsables talibans avaient alors été libérés. En Italie, le pape Benoît XVI a condamné cette prise d'otages des membres de l'Eglise presbytérienne de Saem-Mul, en mission humanitaire en Afghanistan, et appelé à leur libération. Les talibans détiennent par ailleurs un ingénieur allemand et quatre de ses collègues afghans, enlevés le 18 juillet dans la province de Wardak (100 km au sud de Kaboul), pour lesquels ils exigent aussi un échange de prisonniers.