Plainte contre Bongo et Sassou: pour Sarkozy, la justice doit faire son travail

avec AFP

— 

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire après une plainte pour "recel" d'associations françaises accusant les chefs d'Etat Omar Bongo (Gabon) et Denis Sassou Nguesso (Congo) de posséder en France des biens financés par de l'argent public détourné.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire après une plainte pour "recel" d'associations françaises accusant les chefs d'Etat Omar Bongo (Gabon) et Denis Sassou Nguesso (Congo) de posséder en France des biens financés par de l'argent public détourné. — Patrick Kovarik AFP/Archives

Nicolas Sarkozy a estimé vendredi à Libreville (Gabon) que la justice française, qui a ouvert en juin une enquête au sujet d'une plainte visant ses homologues gabonais et congolais, devait «faire son travail» sans que cela entrave les relations bilatérales.

«Je ne vois pas au nom de quoi cela peut impacter nos relations avec le Gabon», a souligné le président français. «Si, chaque fois qu'il y avait des enquêtes judiciaires, il fallait arrêter les relations, on ne les aurait pas arrêtées uniquement du côté africain, si vous voyez ce que je veux dire», a-t-il ajouté en allusion aux affaires ayant récemment impliqué de hauts dirigeants français, notamment son prédécesseur Jacques Chirac.

Argent public détourné

Le président Bongo ne s'est pas exprimé lors de cette conférence de presse au palais présidentiel de la capitale gabonaise. Le parquet de Paris a ouvert le 19 juin une enquête préliminaire après le dépôt, en mars, d'une plainte pour «recel de détournement de biens publics» déposées par des associations contre les présidents Bongo et Denis Sassou Nguesso.

L'Association Sherpa, un réseau international de juristes, et la Fédération des Congolais de la diaspora, accusent ces deux chefs d'Etat de posséder en France des biens immobiliers de luxe financés par de l'argent public détourné.