Areva, une autre société touchée par le suicide d’une salariée

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Le suicide d’une salariée d'Areva lundi après-midi sur son lieu de travail au siège du groupe nucléaire public à Paris, soulève - tout en se méfiant des raccourcis dangereux - la question du mal être au travail. Sans qu'un lien puisse être clairement établi avec ses conditions de travail, la victime, ingénieur de formation à la direction de la stratégie, âgée de 48 ans, s'est jetée, vers 17h, du 7e étage de l'établissement, situé au 33 rue Lafayette.

Expertise sur les conditions de travail

Un porte-parole de la direction du site Lafayette de l’entreprise, contacté par 20Minutes.fr, expliquait mercredi ne pas être en mesure d’en dire davantage sur «les circonstances de l’évènement», ajoutant qu’une enquête de police était en cours. L’ensemble des collaborateurs étant «particulièrement affecté par cette disparition», la direction a réuni mardi les CHSCT (comités hygiène, santé et conditions de travail) des trois sociétés qui se partagent le site Areva, regroupant près de 1.000 salariés. Alain Roumier (CGT) a expliqué: «Nous avons notamment demandé la possibilité d'une expertise sur les conditions de travail.» Le récent déménagement sur Paris, de salariés travaillant auparavant au siège à Velizy (Yvelines) ou à la Tour de la Défense, «a mis des gens en souffrance, et s'est accompagné de réorganisations de services et de remise en cause de mission», a-t-il ajouté.

D’autres cas de suicides similaires

«On ne peut pas présumer pour l'instant si le travail ou des raisons personnelles sont à l'origine de ce suicide», a déclaré Alain Roumier (CGT), se refusant à faire le lien avec d'autres cas de suicides similaires chez PSA, Renault ou EDF. Pourtant, lundi déjà, un salarié du groupe automobile PSA retrouvé pendu sur son lieu de travail à Mulhouse, a porté à six le nombre de suicides de salariés du groupe depuis le début de l'année. Trois en quatre mois au Technocentre Renault à Guyancourt (Yvelines). Et, six en trois ans chez EDF, dans les environs de Chinon (Loiret).

Un autre salarié de l'entreprise Areva s'était suicidé à son domicile en juin, a indiqué Alain Roumier, sans qu'il soit là non plus possible de faire un lien avec le travail. Et d’ajouter: «Cela remet en lumière une demande que nous avions faite concernant une enquête sur le stress dans l'entreprise», en raison de surcharges de travail liées à des embauches de personnels non encore opérationnels.