La sécurité nucléaire remise en cause au Japon

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Les autorités locales ont confirmé mercredi la fermeture de la centrale nucléaire de Kashiwazaki (centre du Japon), la plus grande du monde, dont la sécurité est mise en doute depuis le violent séisme de lundi qui a déclenché des fuites radioactives.
Les autorités locales ont confirmé mercredi la fermeture de la centrale nucléaire de Kashiwazaki (centre du Japon), la plus grande du monde, dont la sécurité est mise en doute depuis le violent séisme de lundi qui a déclenché des fuites radioactives. — Kazuhiro Nogi AFP
Le violent séisme qui a fait 9 morts et plus de 1.000 blessés et quelque 10.000 sans abris, au centre du Japon, a ravivé mardi les craintes sur la sécurité nucléaire, après la découverte d’incidents dans la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa. «Je suis très inquiet à cause de la centrale parce que les responsables du nucléaire ont déjà menti dans le passé sur des fuites radioactives», a témoigné un habitant de 83 ans, Koichi Ibe.

Un choc supérieur aux limites de résistance de l’usine

Les autorités locales qui ont confirmé mercredi la fermeture jusqu'à nouvel ordre de la centrale, ont toutefois exclu, à ce stade, de fermer définitivement cette usine nucléaire. Convoqué par le maire de Kashiwazaki, Hiroshi Aida, le PDG de l'opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power (Tepco), M. Katsumata a reconnu qu'ils «avaient subi sans aucun doute un choc supérieur aux limites de résistance prévues à l'époque de la construction » mais a souligné que les réacteurs nucléaires n'avaient reçu aucun dommage sérieux.

Une fuite sous-évaluée

Le président Tepco a reconnu mercredi avoir sous-évalué au départ la fuite d'1,2 mètre cube d'eau radioactive dans la Mer du Japon, provoquée par la principale secousse du séisme. «Je reconnais qu'il y a eu une certaine inefficacité dans nos mesures» de lutte anti-incendie. Selon la compagnie, cette radioactivité totale a atteint en réalité 90.000 becquerels, contre 60.000 becquerels initialement estimés, tout en restant «sans danger pour la santé». Le directeur général adjoint de l'Agence de sécurité nucléaire et industrielle, Akira Fukushima a précisé que la radioactivité était cent millions de fois inférieure au maximum autorisé.

Tirer les leçons du séisme

Le gouvernement central, les autorités locales et Tepco ont ordonné des examens géologiques car ils craignent que la faille active qui a provoqué le séisme de lundi ne passe directement sous la centrale. Pour le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, «à l'évidence, le Japon doit conduire un examen exhaustif de la structure, des systèmes et des composants du réacteur pour être certain de tirer les leçons nécessaires du séisme.»