Douze mois de prison requis pour Jamal Dati

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Hasard du calendrier, la ministre présente son texte le jour même où l'un de ses frères, Jamal, 34 ans, comparait devant la cour d'appel de Nancy, après avoir été condamné en première instance pour trafic de stupéfiants à six mois d'emprisonnement avec sursis.
Hasard du calendrier, la ministre présente son texte le jour même où l'un de ses frères, Jamal, 34 ans, comparait devant la cour d'appel de Nancy, après avoir été condamné en première instance pour trafic de stupéfiants à six mois d'emprisonnement avec sursis. — Jean-Christophe Verhaegen AFP

L'avocat général de la cour d'appel de Nancy a requis, mardi après-midi, une peine de douze mois d'emprisonnement à l'encontre de Jamal Dati, l'un des frères de la ministre de la Justice, Rachida Dati, entendu en deuxième instance pour trafic de stupéfiants.

Six mois avec sursis en première instance

Jamal Dati, 34 ans, avait été condamné en février dernier à six mois avec sursis par le tribunal correctionnel de Verdun (Meuse). Le ministère public, qui avait demandé huit mois ferme en première instance, avait fait, seul, appel de cette condamnation.

Mardi, l'avocat général, Me Jacques Nicolle, a estimé que, compte-tenu des précédentes condamnations du prévenu, «on ne pouvait plus admettre qu’il puisse encore avoir droit à un nouveau sursis probatoire». En effet, Jamal Dati a déjà essuyé plusieurs condamnations: en 2001, trois ans d’emprisonnement dont 18 mois ferme, pour un trafic d’héroïne et en 1999, une amende de 1.000 F (153 euros) pour usage illicite de stupéfiants.

Si l’on appliquait le projet de loi de Rachida Dati et de Nicolas Sarkozy, instaurant des peines plancher pour les multirécidivistes, il risquerait d’être lourdement condamné.

«Une famille où il fallait réussir»

Avant l’ouverture de l'audience, Jamal Dati, réinséré depuis deux ans dans une entreprise de travaux publics, avait demandé à pouvoir «tourner la page». «On n'entendra plus jamais parler de moi» après ce procès, avait-il assuré. «Avec cette affaire, il a sali sa propre vie, mais il a aussi l'impression d'avoir sali celle de sa sœur», la garde des Sceaux, avait précisé son avocat Gérard Michel. Ce dernier a ajouté: «Mon client n'est pas un trafiquant. Lorsque sa mère est décédée, il a basculé dans l'héroïne à l'issue d'une jeunesse compliquée, dans une famille où il fallait réussir», a poursuivi l'avocat.

Le procès en appel du frère de la ministre s'est tenu alors que Rachida Dati présentait dans l'après-midi devant l'Assemblée nationale son projet de loi de lutte contre la récidive, promesse de campagne de Nicolas Sarkozy.  Le verdict concernant son frère sera rendu le 21 août.