Le teint est blême mais le sourire intact : le député UDF Jean Lassalle en est mercredi à son deuxième jour d'une grève de la faim saluée par beaucoup de ses collègues, mais qui suscite aussi de la désapprobation.
Le teint est blême mais le sourire intact : le député UDF Jean Lassalle en est mercredi à son deuxième jour d'une grève de la faim saluée par beaucoup de ses collègues, mais qui suscite aussi de la désapprobation. — Jacques Demarthon AFP

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«Le patron de Toyal? Je lui dis chiche!»

TROIS QUESTIONS A- Jean Lassalle, député MoDem des Pyrénées-Atlantiques

Trois questions à Jean Lassalle, député MoDem des Pyrénées Atlantiques.

Début 2006, Jean Lassalle avait mené une très médiatique grève de la faim pour protester contre la «délocalisation» de l'usine Toyal de Accous à Lacq. Mise sous pression, l'entreprise japonaise avait alors signé un accord stipulant qu'elle resterait dans le bourg pyrénéen.

Le patron de Toyal Europe, Hervé Lelièvre, vient de dénoncer l'accord passé, il y a un an, selon lequel son entreprise s'engageait à agrandir le site d'Accous…

Et bien je lui dis chiche! Et alors les citoyens verront avec quel cynisme une entreprise, qui parce qu'elle en a les moyens, exerce un pouvoir de vie et de mort sur des centaines de personnes, sans tenir compte des accords moraux qu'elle a signés devant le monde entier.

Rester à Accous serait une aberration économique, selon Hervé Lelièvre...

De toute façon, tout ce qu'il veut, c'est partir à Lacq (qui est à 83 km d'Accous, ndlr). Ils souhaitent juste rester à Accous le temps de construire leur nouvelle usine à Lacq, ce qui devrait prendre un an. Ils se servent de nous. Mais il est hors de question que cela se passe ainsi ! Evidemment, on peut faire plus et mieux prendre en charge les frais d'extension [déjà pris en charge à hauteur de 90% par l'Etat et les collectivités territoriales, selon l'accord]. Si Monsieur Lelièvre parle gentiment…

Que comptez-vous faire maintenant?

Si Toyal mettait ses menaces à exécution, je demanderais aux services compétents de contrôler leurs installations à Accous. Ils devraient alors fermer le site. Pendant un an, ils ne pourraient plus produire, ne pourraient plus répondre aux commandes. Car l'entreprise produit illégalement : elle n'est pas aux normes. Sinon, il n'y aurait plus de problème pour agrandir le site d'Accous.