Mais qui était Hatchepsout?

ARCHEOLOGIE La plus grande souveraine de l'Egypte pharaonique...

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Hatchepsout fut la plus grande souveraine de l'Egypte antique.
Hatchepsout fut la plus grande souveraine de l'Egypte antique. — REUTERS

Hatchepsout, identifiée grâce à une molaire brisée, fut la plus grande souveraine de l'Egypte antique. Pourtant, elle affubla ses statues de la barbe postiche des pharaons mâles. C'est aussi dans la vallée des Rois, et non des Reines, dans la nécropole thébaine, sur la rive occidentale du Nil, à Louxor, que gisait depuis 3.500 ans, après 21 ans de règne, sa dépouille embaumée.

Pour les égyptologues, elle était une femme extraordinaire, déterminée et pacifique qui régna, de 1479 à 1458 avant JC, sous la 18ème dynastie pharaonique. Fille légitime et unique de Thoutmosis I, elle épousa le demi-frère, Thoutmosis II que son père eût d'une concubine. De leur union naquit une fille, Neferouré, qui épousa Thoutmosis III, fils d'une concubine du Thoutmosis II, mort jeune.

De régente, elle est devenue l'égale d'un pharaon grâce au titre d'«aimée d'Amon» et l'appui du clergé, se jouant des liens familiaux complexes qui donnaient la prééminence royale aux mâles. Sans guerroyer, elle étendit pacifiquement l'influence déjà considérable du royaume de «Haute et basse Egypte» par des grandes expéditions commerciales dans les contrées du sud en Nubie et en Somalie.

Elle s'imposa dans le domaine des arts. Le grandiose temple de Deir el-Bahiri fut bâti face au Nil sous la supervision de son favori et architecte, Senenmout.

Hatchepsout, qui avait laissé dans l'ombre Thoutmosis III, disparut dans des conditions mal connues, après s'être fait construire une sépulture dans une partie retirée à l'ouest de la vallée des Rois.

Une reine parmi les autres rois

«Comme un roi il était évident pour elle d'avoir sa tombe ici parmi les autres rois», écrivit l'archéologue Howard Carter, qui le premier découvrit, en 1906, la cache où sa momie avait été apparemment dissimulée. Certains ont imaginé que Thoutmosis III, son successeur, l'avait fait assassiner. Il a en tous cas voulu effacer son souvenir, faisant marteler son nom et ses images, et détruire ses statues.

Selon Jean Yoyotte, grand égyptologue français, «c'était là un pur règlement de comptes dynastique et non point une réaction de misogynie politique contre la promotion d'une femme à la dignité suprême».