«Les rebelles savaient qu'il s'agissait d'un véhicule de MSF»

avec AFP

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Les rebelles qui ont tué lundi par balles une volontaire française de Médecins sans frontières (MSF) dans le nord-ouest de la Centrafrique savaient qu’ils visaient un véhicule de cette ONG lorsqu’ils ont ouvert le feu, a accusé samedi le président centrafricain, François Bozizé.
«Les rebelles ont arrêté le véhicule de MSF, ils ont vu qu'il s'agissait d'un véhicule de MSF. Après quelques discussions avec les occupants, ils leur ont dit de repartir», a déclaré le chef de l'Etat dans un discours en sango, la langue nationale, diffusé par la radio nationale.
«Et c'est au moment où la voiture repartait qu'un rebelle a tiré sur la jeune Française. Voilà comment les choses se sont passées», a-t-il ajouté.
Elsa Serfass, une logisticienne de 27 ans, a été mortellement touchée lundi par des tirs dirigés contre le véhicule de MSF à bord duquel elle se rendait, avec deux autres personnes, dans la région de Ngaoundaï, dans l'extrême nord-ouest du pays, pour une mission d'évaluation de la situation sanitaire.
Les rebelles de l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), actifs dans cette partie de la Centrafrique, ont reconnu leur «responsabilité» dans ce meurtre, selon MSF.
Le président Bozizé, qui a dénoncé un «lâche assassinat», a affirmé s'être personnellement rendu mardi dans la région «pour avoir des informations précises».
Il n'a pas nommé le groupe rebelle qui a selon lui tiré sur le véhicule de MSF. Mais il a attribué à ces mêmes «rebelles» plusieurs meurtres commis dans le nord-ouest du pays ces dernières semaines, dont ceux d'un sous-préfet et d'un jeune officier qui «sensibilisait les éléments de la rébellion sur la nécessité de déposer les armes».
Bangui a promis de faire la lumière sur le meurtre d'Elsa Serfass en menant une enquête.
La moitié nord de la Centrafrique est en proie, depuis 2005, à une insécurité croissante due aux attaques rebelles, aux embuscades des «coupeurs de route», mais aussi aux représailles de l'armée contre la population civile.