Royal défend une «France réconciliée»

PRESIDENTIELLE La candidate a parlé lundi soir sur TF1 augmentation des petites retraites, soutien aux familles mono-parentales, médecine de proximité, mais aussi Smic à 1.500 euros brut...

D'après AFP

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Ségolène Royal s'est dite lundi sur TF1 "la seule" à pouvoir mener le changement en France, soulignant sa volonté de concilier modernisation économique et justice sociale et récusant toute hausse rapide du Smic à 1.500 euros au nom du "réalisme".
Ségolène Royal s'est dite lundi sur TF1 "la seule" à pouvoir mener le changement en France, soulignant sa volonté de concilier modernisation économique et justice sociale et récusant toute hausse rapide du Smic à 1.500 euros au nom du "réalisme". — Bertrand Guay AFP

Ségolène Royal a parlé lundi soir sur TF1 augmentation des petites retraites, soutien aux familles mono-parentales, médecine de proximité, mais aussi Smic à 1.500 euros brut, qui, a-t-elle dit, ne devrait pas être acquis au début de sa mandature.

Pour suivre la performance de Ségolène Royal, 20 minutes a invité quelques blogueurs à regarder la télé: koztoujours,Diner's Room, Maitre Eolas, Frednetick et Versac, un habitué de notre site.
-> Un billet sur les coulisses de cette soirée sur le blog 20minutes

Ségolène Royal, l'invitée de la troisième émission de TF1 "J'ai une question à vous poser", face à une centaine de Français a dit son souci de «remettre debout la maison France», assurant qu'elle serait «la présidente de la République qui se battra avec acharnement contre le chômage des jeunes».

Ecole
«Que la famille fonctionne bien, que l'école fonctionne bien, que quand un jeune a une qualification et une formation, il trouve un travail et qu'il soit correctement rémunéré, que les gens soient sécurisés dans leur emploi», a lancé la candidate. «Il y a un sentiment d'injustice, trop d'inégalités, de hauts revenus d'un côté, trop de bas revenus de l'autre», a-t-elle affirmé.

Régulièrement, elle a encouragé ses interlocuteurs : «vous avez de l'humour», a-t-elle glissé à un monsieur qui demandait à «Docteur Royal» de remettre en état le système des retraites. «C'est une très bonne question», a-t-elle glissé à l'un, «vous avez bien posé le problème», a-t-elle affirmé à l'autre.

Questions sociales
Elle a d'abord dû répondre à une batterie de questions très sociales, réitérant que les petites retraites -inférieures à 984 euros- seraient revalorisées de 5% dès son élection, et refusant l'idée de repousser la retraite à 70 ans. «Il faut que la santé revienne vers les gens», a-t-elle estimé, prônant la création de dispensaires et s'engageant à des «Etats généraux sur la santé».

«Cette question-là sera réglée», a-t-elle assuré à un handicapé, atteint de sclérose en plaques, qui se plaignait du temps d'attente pour recevoir des aides. Comme il ne parvenait à retenir ses larmes en évoquant la mort d'un ami handicapé, la candidate s'est approchée de lui pour le réconforter d'un geste amical.

Augmentation du Smic
Sur une augmentation rapide du Smic à 1.500 euros brut, qu’elle avait promise «le plus tôt possible» lors de son discours de Villepinte, elle a indiqué sur TF1 qu'il atteindrait ce niveau «en cinq ans» car il faut «être réaliste» : «Je ne veux promettre que ce que je peux tenir». «1.500 euros bruts en cinq ans, ça veut dire: 5% tout de suite, c'est 50 euros tout de suite», a affirmé la candidate socialiste.

Entreprises, salaires
La candidate a rappelé qu'elle organiserait une «conférence salariale» dès son élection, qui servirait aussi à «discuter de la façon dont on maintient la hiérarchie des salaires». «Il y aura un pacte avec les entreprises dans le cadre conférence salariale, (...) je veux réconcilier la France avec ses entreprises», a-t-elle assuré.

Refusant «d'opposer entreprises et salariés», Ségolène Royal a estimé qu'il y a en France «un potentiel considérable dans la capacité d'entreprendre». L'aide aux entreprises doit être «du sur-mesure» car «les aides uniformes, qui sont les mêmes pour les grosses et les petites entreprises, ne sont pas justes», selon elle.

«C'est du donnant-donnant», a-t-elle dit en soulignant qu'il fallait être «juste et en même temps exigeant» avec les demandeurs d'emploi. «La dignité, ce n'est pas d'être assisté».

Environnement
«J'ai même parfois été un peu visionnaire». «Déjà à l'époque [lors de son expérience gouvernementale en 1992], je demandais qu'il y ait un développement des éco-industries. Je disais à EDF: investissez ne serait-ce que 5% de votre chiffre d'affaires dans les énergies renouvelables pour que la France soit la première au monde. (…) Et si on m'avait écoutée il y a plus de dix ans, je crois qu'on n'aurait pas le retard que l'on a aujourd'hui», a ajouté la responsable socialiste. «Un de sept piliers de ce pacte présidentiel, c'est que je veux faire de la France le pays de l'excellence environnementale», a-t-elle dit, ajoutant que cela permettrait de créer des «centaines de milliers d'emplois qui ne sont pas délocalisables».

Campagne
Elle a défendu la réorganisation de son équipe de campagne, qu'elle doit annoncer jeudi, au nom de sa «façon moderne de gouverner» passant par «l'écoute permanente». «J'entre dans une nouvelle phase. C'est l'occasion pour moi de donner de la visibilité à tous ceux qui travaillent avec moi».