Un cybermilitant égyptien relance le débat sur la torture

Stéphanie Floray

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C’est une première victoire pour les cyber-activistes égyptiens. Depuis la semaine dernière, deux policiers croupissent en prison pour avoir violé un chauffeur de bus. L’affaire aurait pu passer inaperçue dans un pays où les mauvais traitements dans les commissariats sont qualifiés de systématiques par les organisations de défense des droits de l’homme. Mais la scène, filmée par les policiers eux-mêmes « pour l’exemple », a d’abord atterri sur le blog du cyber-activiste Wael Abbas. Le scandale a grandi au point que les autorités ont été contraintes de prendre des mesures à l’encontre des auteurs des sévices.

Une femme suspendue à un bout de bois crie sous les coups des policiers puis avoue un meurtre. L’affaire n’a pas encore éclaté dans les journaux et on ignore encore les circonstances de l’interrogatoire. Mais, depuis une semaine, la vidéo est également disponible sur le blog de Wael Abbas. Egyptien de 32 ans, il a ouvert son site il y a deux ans pour « couvrir la contestation sociale qui émerge ». En moyenne son site recueille un million de visites par mois.

Avec ce succès, les cyber-activistes deviennent la cible des autorités et les arrestations de blogueurs se multiplient. En novembre, l’Egypte a fait son entrée au palmarès des pays « ennemis d’Internet » défini par Reporters Sans frontières.