Arno Klarsfeld, médiateur médiatique de Sarkozy

AFP

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L'avocat Arno Klarsfeld, chargé mercredi d'une mission sur le droit à l'hébergement, est un proche de Nicolas Sarkozy qui lui confie là sa quatrième mission en un an sur des sujets aussi sensibles qu'éclectiques, attirant souvent le scepticisme des associations concernées.

Arno Klarsfeld, 40 ans, porte un patronyme rendu célèbre par sa mère allemande, Beate, infatigable chasseur de nazis, et son père Serge, avocat et président-fondateur de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France dont Arno a été l'avocat aux procès Touvier et Papon.
Habitué des pages people des magazines, il tranche par son style décoiffant et provocateur. En 1987, il monte à la tribune d'un meeting du Front national revêtu d'un tee-shirt "Le Pen = nazi", avant une expulsion musclée par le service d'ordre frontiste. Plus récemment, il jette un verre d'eau à la figure d'un contradicteur en plein débat télévisé sur France 2.

Par "solidarité", il prend la nationalité israélienne en 2002. L'année suivante, il effectue son service volontaire dans une unité de garde-frontière de Tsahal. "Je suis un militant engagé et je ne fais pas que parler, j'agis", affirme-t-il dans un entretien à France-Soir en 2005.
De fait, l'avocat médiatique se montre sur tous les fronts, au risque d'y perdre quelque peu sa crédibilité.

En décembre 2005, en tant que président de l'UMP, Nicolas Sarkozy lui confie une mission sur "la loi, l'histoire et le devoir de mémoire", en pleine polémique autour du "rôle positif" de la colonisation. Ses conclusions n'ont pas été suivies par le Président de la République.
En mai 2006, le ministre de l'Intérieur sollicite à nouveau l'avocat pour lui faire des "propositions" en matière de prévention de la délinquance des mineurs. Sa recommandation-phare - que les délinquants récidivistes de 16 à 18 ans soient considérés comme "des majeurs" - n'est finalement pas retenue dans le projet de loi de prévention de la délinquance.

A peine un mois après, Arno Klarsfeld endosse les habits de "médiateur national auprès des sans-papiers parents d'enfants scolarisés" dans le cadre de la circulaire permettant leur régularisation sur différents critères.
Le ministre de l'Intérieur lui confie la tâche de déminer un dossier qui mobilise des dizaines d'associations, de parents d'élèves et toute la communauté éducative. La Ligue des droits de l'Homme n'y voit à l'époque qu'une "diversion médiatique".

Arno Klarsfeld déclare coup sur coup qu'"aucune famille ne sera expulsée cet été", puis qu'"on ne peut pas régulariser automatiquement tous les sans-papiers". Au final, quelques centaines des 30.000 dossiers déposés passent entre ses mains.