Ferrara et Menconi condamnés à 11 ans de réclusion

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Menconi, 41 ans, et Ferrara, 33 ans, déjà condamnés pour des braquages, sont surtout connus pour s'être évadés chacun deux fois de prison. Le procès a été entouré de mesures de sécurité exceptionnelles pendant cinq semaines.
Menconi, 41 ans, et Ferrara, 33 ans, déjà condamnés pour des braquages, sont surtout connus pour s'être évadés chacun deux fois de prison. Le procès a été entouré de mesures de sécurité exceptionnelles pendant cinq semaines. — AFP/Police judiciaire/Archives

La cour d'assises de Paris a condamné vendredi matin Antonio Ferrara et Joseph Menconi à la même peine de onze ans de réclusion criminelle, pour leur participation au braquage d'un fourgon de la Brink's en 2000 à Gentilly (Val-de-Marne).
La cour, qui s'était retirée pour délibérer la veille à la mi-journée, a fait son retour peu avant 04H00, pour un verdict dont l'énoncé a été perturbé par de vives protestations de Menconi et de ses proches présents dans la salle, criant à l'injustice.
"C'est une honte", a lancé Joseph Menconi. "Onze ans de prison pour un gobelet!", a-t-il ajouté en référence à l'unique objet porteur de son ADN, retrouvé dans le repaire des braqueurs à Paray-Vieille-Poste (Essonne).
Me Jean-Louis Pelletier, un des défenseurs du Bastiais, a qualifié de "catastrophe" cette condamnation. "Pour lui qui a déjà 25 ans de prison, ça le fait monter à 30 ans, à mon avis sans possibilité de confusion de peines", a affirmé l'avocat.
Menconi, 41 ans, et Ferrara, 33 ans, déjà condamnés pour des braquages, sont surtout connus pour s'être évadés chacun deux fois de prison. Le procès a été entouré de mesures de sécurité exceptionnelles pendant cinq semaines.
Après le verdict les avocats de deux hommes ont indiqué qu'ils attendaient de les consulter dans les heures à venir avant de décider d'un éventuel appel.
"Malgré le doute on décide de le condamner! L'opinion qu'on s'est fait de lui a pris le dessus sur la matérialité des faits", a réagi Me Amar Bouaou, avocat de Ferrara, renouvelant ses critiques sur la fiabilité des analyses ADN.
Ferrara, muet à l'énoncé du verdict, a été impliqué dans le braquage car d'après l'accusation, son empreinte génétique a été identifiée sur plusieurs objets retrouvés à Paray-Vieille-Poste, notamment sur des chargeurs de Kalachnikov et un ruban adhésif entourant une grenade.
L'avocat général Jean-Paul Content avait requis la semaine dernière douze ans de réclusion contre les deux accusés vedettes, qualifiés de "soldats" recrutés pour seconder les trois "organisateurs" du "coup", soit d'après lui Bruno Celini, Karim Maloum et Jean-Jacques Naudo.
Celini, Maloum et Naudo ont été condamné chacun à la même peine de 13 ans de réclusion criminelle.
Treize hommes au total étaient jugés dans ce procès depuis la mi-novembre, accusés d'avoir pris part à des degrés divers à ce spectaculaire braquage.
La cour d'assises qui a prononcé des peines de prison ferme dans neuf cas, a condamné un des accusés à six mois avec sursis pour détention d'armes illégale, et a acquitté trois hommes, dont Daniel Bellanger, accusé à tort d'avoir été le chef de l'équipe dite "espagnole".
Le 26 décembre 2000, une dizaine d'hommes lourdement armés avaient ouvert le feu sur un fourgon de la Brink's, puis fait exploser une partie de la carrosserie blindée avant de s'enfuir avec un butin estimé à plus de 6 millions d'euros.
Dès le lendemain des faits, les enquêteurs de la Brigade de répression du banditisme (BRB) avaient procédé à une première vague d'arrestations en découvrant tout l'arsenal des braqueurs dans un pavillon qu'ils utilisaient comme repaire.
Des écoutes téléphoniques, des recoupements en fonction de liens d'amitié, et les scellés renfermant les empreintes génétiques ont permis ensuite de remonter jusqu'au groupe entier.
Au cours des débats, alors que l'accusation et les parties civiles ont décrit la violence de l'attaque, jugeant miraculeux qu'elle n'ait fait aucune victime, la défense s'est employée à dénoncer les aspects troublants de l'enquête de la BRB, qui a fait citer des témoins dont aucun n'a pu reconnaître le moindre accusé dans le box.