Irak : un retrait des troupes visé pour 2008

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Le Groupe d'études sur l'Irak est coprésidé par un ex-secrétaire d'Etat, James Baker, homme de confiance de la famille Bush, et un ex-parlementaire démocrate, Lee Hamilton.
Le Groupe d'études sur l'Irak est coprésidé par un ex-secrétaire d'Etat, James Baker, homme de confiance de la famille Bush, et un ex-parlementaire démocrate, Lee Hamilton. — Mandel Ngan AFP/Archives
Le rapport remis mercredi matin au président américain George W. Bush préconise bien un retrait de l’essentiel des troupes de combat américaines en Irak au premier trimestre 2008. Un peu plus tôt, la Maison blanche avait affirmé le contraire. Selon le document, «la mission principale des forces armées américaines en Irak devrait évoluer vers un soutien apporté à l'armée irakienne, qui devrait prendre en charge les opérations de combat».
Rédigé par une commission indépendante coprésidée par l'ancien secrétaire d'Etat américain, James Baker, ce document souligne que la situation en Irak est «grave» et «se détériore» et ce, notamment à cause de l’incapacité du gouvernement irakien à assurer la sécurité et la réconciliation nationale. Le rapport recommande ainsi de le menacer de perdre le soutien «politique, militaire et économique» des Etats-Unis si ce dernier ne fait pas des progrès en la matière.
Mais le rapport n’épargne pas non plus l’administration américaine. Il l’enjoint d’instaurer «un dialogue direct avec l'Iran et la Syrie pour qu'ils s'engagent à avoir une politique constructive vis-à-vis de l'Irak et des autres questions régionales». Le groupe d’étude estime par ailleurs que la situation en Irak ne pourra pas s'améliorer sans un engagement renouvelé des Etats-Unis en faveur de la résolution du conflit israélo-palestinien.
George W. Bush a promis mercredi d'étudier «très sérieusement » ces propositions. Il a également invité le Congrès à le faire. Le président américain a toutefois précisé que les parlementaires «ne seront pas d'accord avec toutes les propositions, et nous non plus nous ne serons probablement pas d'accord avec chaque idée (…). C'est cependant une occasion de travailler ensemble. »

Mercredi, le Premier ministre britannique Tony Blair a admis que la guerre n'était pas en train d'être gagnée en Irak. La veille, le futur patron du Pentagone, Robert Gates lui-même, avait reconnu la même chose.