Alliot-Marie : "On parlait de moi pour Matignon, ça devait déranger"

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La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie estime qu'on a voulu lui nuire en l'impliquant dans l'affaire Clearstream, parce qu'"on parlait (d'elle) pour Matignon ou pour la présidence de l'UMP" et que cela a pu "déranger", dans un entretien au Monde daté de jeudi.
La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie estime qu'on a voulu lui nuire en l'impliquant dans l'affaire Clearstream, parce qu'"on parlait (d'elle) pour Matignon ou pour la présidence de l'UMP" et que cela a pu "déranger", dans un entretien au Monde daté de jeudi. — Thierry Zoccolan AFP

Clearstream comme obstacle à Matignon ? Dans un entretien au « Monde », la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, estime qu'on a voulu lui nuire « pour des motifgs politiques » en l'impliquant dans l'affaire Clearstream, car « on commençait à dire que je réussissais; Clearstream comme obstacle à Matignon ? Dans un entretien au « Monde », la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, estime qu'on a voulu lui nuire « pour des motifgs politiques » en l'impliquant dans l'affaire Clearstream, car « on commençait à dire que je réussissais; on parlait de moi pour Matignon ou pour la présidence de l'UMP ». « Ca devait surprendre, peut-être même déranger », tranche-t-elle. « Quand je suis arrivée au ministère de la Défense, j'ai secoué les rapports avec les industriels, y compris au sein de la DGA" (délégation générale à l'armement). J'ai déploré un manque de rigueur. J'ai pris des mesures en changeant le délégué général à l'armement, en faisant revoir à la baisse des contrats, parfois pour des sommes très importantes. Ca a pu déplaire », analyse-t-elle.

Une "conversation" avec Villepin

La ministre de la Défense précise avoir eu « une conversation » avec le Premier ministre « au printemps dernier, lorsque j'ai appris que le nom de mon conjoint, Patrick Ollier, aurait été cité, lors d'une réunion dans son bureau, au ministère des Affaires étrangères », le 9 janvier 2004, « dans un contexte inadmissible ». Le Premier ministre lui aurait alors « donné sa parole d'honneur » que ce qui avait été rapporté n'était « pas exact ». Sur le rôle de Villepin, elle estime qu'il n'avait pas la « compétence stricte » pour ordonner une enquête au général Rondot, « en ce qui concerne l'enquête sur des membres de mon cabinet ». Tout en reconnaissant qu’au vu de la « dimension internationale » de l'affaire des frégates, elle ne juge « pas étonnant que le ministre des Affaires étrangères s'y intéresse ».

"J'étais en colère"

Elle poursuit en racontant que fin janvier 2004, son directeur de cabinet, Philippe Marland, lui a rapporté que "M. de Villepin a rencontré le général Rondot pour lui parler des fichiers". "Là, je lui dis: de quoi se mêle-t-il ?J'étais en colère", confie-t-elle. « Il semble que M. de Villepin invoquait alors une instruction du chef de l'Etat ». Mais elle affirme n'avoir « jamais parlé de cette affaire » avec Jacques Chirac. Et dit « douter » de telles instructions.