"Welcome to the world news"

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« 3, 2, 1… ». Le décompte s’achève sur le canal 311 des abonnés à CanalSat en France. Il est très exactement 13h à Paris (12h GMT) lorsque la nouvelle chaîne anglophone d’Al-Jazeera commence à émettre à travers le monde. Des images d’actualité s’enchaînent rapidement - Intifada, 11 septembre 2001, guerre d’Irak, Liban, le cyclone Katrina – derrière un message qui rappelle que le média qatari est né il y a dix ans. Les deux présentateurs, Shiulie Ghosh et Sami Zeidan, apparaissent debout sur le petit écran et annoncent, en toute simplicité, « qu’une nouvelle ère des informations télévisées s’ouvre ». La journaliste accueille le téléspectateur dans un anglais irréprochable : « Bienvenue dans l’information mondiale en direct de Doha, au cœur du Moyen-Orient ».

De nombreux correspondants dans le monde

Place sans attendre aux correspondants à l’étranger qui annoncent en direct le programme de l’heure à venir : « le désespoir et le chaos » dans la bande de Gaza, « la pire crise humanitaire » au Darfour, « survivre au jour le jour » au Zimbabwe. Rageh Omaar, un ancien reporter de la BBC, s’interroge, lui, depuis Téhéran : « Ahmadinejad tient-ils les clefs de la paix au Proche-Orient ? ».
Suit une publicité auto-promotionnelle pour la nouvelle chaîne. Dans un monde où les cultures ne se comprendraient pas, Al-Jazeera English se présente comme un pont entre les civilisations où « tous les points de vue » sont représentés et où l’indépendance journalistique est assuré. Pour preuve deux extrais vidéo d’un ancien haut responsable baasiste irakien et de l’ancien ministre américain de la Défense, Donald Rumsfeld, qui s’en prennent tous deux à la chaîne satellitaire.

Un premier sujet consacré au conflit israélo-palestinien

Le premier sujet du journal porte sur la bande de Gaza et n’hésite pas à montrer des images impressionnantes de bébés ensanglantés. La correspondante le ponctue en faisant « un direct » depuis Beit Hanoun avant de passer la main à une autre journaliste en direct de Jérusalem qui revient sur les tirs de missiles Qassam du matin qui ont fait une victime israélienne. La présentatrice en profite pour préciser qu’Al-Jazeera English dispose de correspondants « à travers tous les Territoires palestiniens ainsi qu’en Israël ». Et annonce une courte interview du leader du Hamas à Damas, Khaled Mechaal, qui dit avoir reçu une fin de non-recevoir d’Israël à une « proposition d’épargner mutuellement les civils ». Les sujets live se succèdent sur un rythme soutenu, en Russie, en République Démocratique du Congo, en Somalie, entrecoupés par « l’information chaude » sur le tsunami au Japon.

Une forme différente de la chaîne en arabe

Contrairement à sa grande sœur arabophone, Al-Jazeera English, propose peu d’images commentées par des voix off préférant diffuser des reportages. Les correspondants, nombreux et très présents dans les pays du Sud, se mettent, eux, davantage en scène, sur le modèle anglo-saxon. Le studio est dominé par les tonalités oranges - auxquelles fait écho la cravate fluo du présentateur – mâtinées de bleu quand la chaîne mère baigne dans des couleurs plus sombres et austères. Le logo se voit réduit en bas à gauche de l’écran et complété par le nom de la chaîne en lettres latines.
Finie également la barre d’informations déroulantes en bas de l’image, remplacée par un simple renvoi vers le site internet aljazerra.net/english. Une adresse qui était pourtant inaccessible, sans doute en raison de l’affluence, tout au long de ces premiers pas cathodiques.

Alexandre Sulzer