Quand Dieudonné se rapproche de Le Pen

«Dieudo» revient sur sa visite samedi 11 novembre à la fête du Front National au Bourget

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Jean-Marie Le Pen a fait une rencontre inattendue samedi en parcourant les stands de la grande fête de son parti le FN au Bourget (Seine-Saint-Denis): le fantaisiste et l'ex-candidat à la présidentielle Dieudonné, a constaté un journaliste de l'AFP.
Jean-Marie Le Pen a fait une rencontre inattendue samedi en parcourant les stands de la grande fête de son parti le FN au Bourget (Seine-Saint-Denis): le fantaisiste et l'ex-candidat à la présidentielle Dieudonné, a constaté un journaliste de l'AFP. — Eric Feberberg AFP/Archives

S’il n’appelle pas à voter Front National, Dieudonné n’appelle pas non plus «à ne pas voter Le Pen ». Dans un long entretien vidéo avec Ahmed Moualek, président de « La banlieue s’exprime », publié sur le site Internet de l’association, «Dieudo» revient sur sa visite très médiatisée samedi 11 novembre à la fête du Front National au Bourget. L’accueil y a été « très chaleureux » et contrairement à ce qu’a dit la presse, Dieudonné affirme ne pas avoir été chassé du rassemblement frontiste.

Le discours de Valmy « intéressant »

Venant « de l’extrême gauche », il assure qu’il a autrefois lutté contre le FN mais dit avoir « été manipulé par les mouvements antiracistes ». Désormais, il veut « se débarrasser de ses vieux réflexes ». Dieudonné n’hésite pas à établir des parallèles entre lui et Jean-Marie Le Pen, tous les deux victimes « de diabolisation ». Il reconnaît au leader d’extrême droite un esprit de « résistance et d’opiniâtreté » et a trouvé son discours à Valmy en septembre «intéressant». Le «nationalisme après Valmy» consiste « simplement à mettre en œuvre le projet républicain » et «le FN est en train d’évoluer ». Questionné sur son adhésion au projet frontiste d’immigration zéro, Dieudonné répond : « il faut voir ». Partisan d’une régularisation des sans-papiers aujourd’hui, il estime que «ce sont les 100 millions de sans-papiers de demain qui peuvent poser un problème».

« Le chantage au nazisme, c’est ridicule »

Au couple Le Pen, Dieudonné a offert une invitation pour son spectacle au Zénith du 18 décembre. « Le fait d’avoir montré Jean-Marie Le Pen comme l’incarnation du mal, ça a servi un discours politique à un moment donné. Ce grand chantage au nazisme, au machin… c’est tellement ridicule. Quand on est là-bas [à la fête des Bleus, Blanc, Rouges], on voit des gens de partout, de toute la France », s’enthousiasme celui qui rêve pour 2007 d’un « grand rassemblement et veut «faire la paix avec des gens opposés à ce que l’on représente».

« Voter Le Pen pour créer une situation politique nouvelle »

Pronostiquant un « séisme politique » à la présidentielle, Dieudonné croit à la présence du FN au second tour. «Je ne suivrai pas le mot d’ordre de SOS Racisme et de tous ces imposteurs» à bloquer le FN, prévient l’activiste qui avait voté Chirac au second tour en 2002. « Mais avec le recul, nous avons voté dans la hâte », regrette-t-il. « Quand on voit Sarko et toute la clique là du Crif [Conseil représentatif des Institutions Juives de France], et compagnie, on sent bien qu’il y a une volonté de communautariser la France », tranche Dieudonné qui qualifie de « Gepetto » le président du Crif, Roger Cukierman, car il serait, selon lui, le « mec qui tient les marionnettes » que sont les « Pinocchios du PS ».

Selon Dieudonné, il existe un « mouvement de gens » qui ne sont pas au FN mais « qui vont voter Le Pen pour créer une situation politique nouvelle ». « Ça, ça me parle plus».

Alexandre Sulzer

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