Rumsfeld victime collatérale de la défaite de Bush

Clémence Lemaistre

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Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a appelé jeudi à la formation rapide d'un gouvernement d'unité nationale en Irak pour éviter une guerre civile.
Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a appelé jeudi à la formation rapide d'un gouvernement d'unité nationale en Irak pour éviter une guerre civile. — Brendan Smialowski AFP/Getty Images/Archives
Les points clés de la conférence de presse de George Bush retransmise sur CNN

- Le président américain a confirmé la démission de Donald Rumsfeld.

- Il «prend sa part de responsabilité» de la défaite aux élections. [Lire l'article]

- Bush nomme au Pentagone l'ancien chef de la CIA Robert Gates.

- Le président américain reconnaît «le mécontentement sur l'absence de progrès en Irak».

- «Il est notre devoir de mettre les élections derrière nous et de travailler ensemble avec les démocrates et les indépendants sur les grands problèmes auxquels ce pays est confronté».

L'essentiel
La sanction ne s’est fait pas attendre. Quelques heures après la défaite des républicains aux élections de mi-mandat, George Bush a annoncé, mercredi après-midi, la démission de Donald Rumsfeld, 74 ans. (Lire sa bio officielle sur le site du Pentagone).
Le secrétaire d’Etat à la Défense est le premier à faire les frais de la lourde défaite des conservateurs et du rejet par la population, de la guerre en Irak, qui a visiblement pesé dans le scrutin.

promesse
Après six ans de "bons et loyaux services" selon Bush, Rumsfeld va être remplacé par Robert Gates, 63 ans, qui a fait tout une partie de sa carrière à la CIA, dont il a été le patron de 1991 à 1993, sous la présidence de Bush père.
Ces derniers jours pourtant, alors que les sondages prévoyaient la défaite des républicains, clairement sanctionné pour leur enlisement en Irak et leur manque de victoire dans la guerre contre le terrorisme, Bush avait assuré que quelque soit le résultat des élections, il conserverait Rumsfeld à ses côtés jusqu’à la fin de son mandat en janvier 2008.
Une promesse visiblement vite oubliée: commentant devant la presse, mercredi, le résultat du scrutin le Président a assuré que la décision de changer le patron du Pentagone avait été prise il y a plusieurs jours.

conquête
Une chose est certaine, Bush est intervenu juste après l’annonce par les médias que les démocrates s’étaient rapprochés d’une conquête totale du Congrès, avec une victoire clé dans la sénatoriale du Montana.
Si la nomination de Rumsfeld en 2001 avait suscité bien des critiques. Son départ a été salué par les élus de tous bords.
L’hôte de la Maison Blanche a en revanche confirmé à son poste le vice-Président Dick Cheney, qui suscite pourtant tout autant que Rumsfeld l’hostilité des électeurs.

irak
Le départ de Donald Rumsfeld, un vieux de l’équipe Bush, déjà secrétaire à la Défense de 1975 à 1977, ne sonne pas pour autant l’heure du retrait d’Irak. Si Bush a reconnu, mercredi, «le mécontentement sur l'absence de progrès en Irak», il a précisé qu’il n’était pas question que les troupes rentrent au pays. Un point de vue partagé tant par les républicains que par les démocrates.
La nomination de Gates va permettre d’avoir « de nouvelles perspectives » dans la guerre contre le terrorisme.