Les gagnants et les perdants des élections américaines

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Voici un résumé rapide des principaux perdants et gagnants des élections parlementaires de mardi aux Etats-Unis:

LES PERDANTS
- La perte de la Chambre des représentants est un échec personnel pour le président George W. Bush, condamné à finir sa présidence avec un inconfortable partage du pouvoir alors qu'il s'était mis en première ligne de la campagne, multipliant les réunions électorales, passant parfois outre les réticences des candidats qu'il était venu soutenir.

- Le président de la Chambre des représentants Dennis Hastert, allié loyal de la Maison Blanche, va perdre son poste. Il avait dû pratiquement renoncer à faire campagne pour ses collègues à la suite d'un scandale qui a éclaté fin septembre, soupçonné d'avoir fermé les yeux sur les flirts de l'un des élus de son groupe avec des mineurs travaillant au Congrès.

- L'ancien candidat à la présidentielle John Kerry pourrait avoir ruiné ses chances de briguer une nouvelle fois la Maison Blanche en 2008, après une gaffe dans la dernière semaine de campagne qui a d'un coup fragilisé la campagne des démocrates en les faisant passer pour d'incorrigibles antimilitaristes. Il avait laissé les républicains exploiter au maximum pendant deux jours sa "blague ratée" semblant traiter d'idiots les militaires déployés en Irak avant de présenter des excuses.

- L'ancien sénateur de Virginie George Allen était il y a quelques mois encore considéré comme un candidat républicain crédible pour la présidentielle de 2008. Mais son score au mieux médiocre en Virginie - où le résultat de la sénatoriale n'était pas connu aux premières heures de mercredi -, à la suite d'une campagne marquée par une série de gaffes aux relents racistes, devrait définitivement marquer la fin de ses ambitions présidentielles.

LES GAGNANTS
- La représentante démocrate de Californie Nancy Pelosi a toutes les chances de devenir la première femme à présider la Chambre des représentants. Cela faisait quatre ans qu'elle dirigeait le groupe démocrate à la Chambre, réussissant à maintenir un front uni dans une ligne d'opposition très ferme à la politique menée par le président Bush et la majorité républicaine.

- Hillary Clinton non seulement s'est fait réélire dans un fauteuil de sénatrice démocrate de l'Etat de New York, avec 82% des suffrages, ce dont nul n'avait jamais douté, mais en investissant très lourdement (30 millions de dollars) dans sa campagne elle a grandement contribué à la conquête par son parti de plusieurs sièges de représentants, ce qui pourrait lui gagner de précieuses loyautés dans la phase des primaires pour la présidentielle 2008, si elle s'y lance.

- Le sénateur démocrate Barack Obama, dont le siège n'était pas en jeu, a été l'une des plus grandes stars de la campagne, de très nombreux candidats tentant de bénéficier de l'extraordinaire charisme de cet élu de Chicago, seul noir siégeant actuellement au Sénat. Sa performance, coïncidant avec la publication d'un deuxième livre de réflexions politiques, en fait l'un des candidats potentiels pour la présidentielle 2008.

- Le sénateur John McCain, dont le siège n'était pas non plus en jeu, s'est également dépensé sans compter dans la campagne, parcourant l'équivalent de cinq tours du monde selon son équipe. Sa présence était bien souvent plus recherchée que celle du président Bush. En dépit de la défaite des républicains à la Chambre, ce franc-tireur héros de la guerre du Vietnam semble bien placé pour incarner le changement dans la continuité et porter les couleurs républicaines à la présidentielle 2008.