"Un être rare", "une source d'inspiration", "un visionnaire", "un grand patron"...

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Jacques Chirac
"Le président de la République a appris avec tristesse la dispartion de Jean-Jacques Servan-Schreiber", mort dans la nuit de lundi à mardi à Fécamp (Seine-Maritime) à l'âge de 82 ans, selon un communiqué de la présidence.
"C'est un passionné des idées nouvelles et de l'action qui nous quitte", a déclaré M. Chirac en rappelant qu'il avait été notamment "grand patron de presse, avec l'aventure exceptionnelle de l'Express, homme politique au style novateur, brillant essayiste" auteur du "Défi américain".
"Dans sa soif de tout entreprendre, de tout oser, de prendre tous les risques, une conviction profonde guidait cet esprit libre: la certitude que la France avait tous les atouts pour relever les défis de l'avenir en se portant à l'avant-garde de la science et de la technologie. Elle demeure aujourd'hui encore d'une profonde actualité", a souligné le chef de l'Etat. 

François Bayrou
Jean-Jacques Servan-Schreiber était "un être de liberté, de courage, avec une volonté farouche de changer les choses quand elles devaient l'être", a déclaré François Bayrou à l'AFP. "C'est une source d'inspiration".
Selon le leader centriste, "le plus frappant chez lui était sa vision". "On pourrait employer à son propos le mot de voyant", car "très longtemps avant les autres, il a senti les révolutions en gestation".
"Il les a senties lorqu'il a créé l'Express, avec cette idée d'imposer en France un grand hebdomadaire d'information libre et qui secouerait les choses. Il les a senties au début de septennat de Valéry Giscard d'Estaing, en étant l'un des inspirateurs de cette période profondément réformatrice", a-t-il dit.
M. Bayrou a souligné son "intuition incroyable de ce que serait la révolution de l'informatique, de toutes les technologies de l'information, quinze ans avant tout le monde".

Bertrand Delanoë a exprimé son "émotion" à l'annonce de la disparition de Jean-Jacques Servan-Schreiber, "éditorialiste avisé, journaliste souvent visionnaire" qui a "influé avec talent notre vie intellectuelle et notre débat démocratique".
"Son nom restera à jamais associé à la formidable aventure de L'Express, si révélatrice de cette personnalité toujours éprise de novation, d'audace et de pluralisme", écrit le maire PS de Paris dans un communiqué.

Jean-Louis Borloo et André Rossinot, co-présidents du Parti radical, associé à l'UMP
Jean-Jacques Servan-Schreiber était un "visionnaire qui su mener de grands combats avant-gardistes pour réformer et moderniser notre pays", affirme M. Borloo dans un communiqué.
"Son plus grand défi aura été celui de penser, il y a trente ans, le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui. Sa pensée était juste et ses méthodes modernes", pousuit-il.
Pour le ministre de la Cohésion sociale, Jean Jacques Servan-Schreiber "représente une conscience politique et un exemple à suivre pour imaginer la France de demain".
Dans un autre communiqué, M. Rossinot salue lui aussi la mémoire de Jean-Jacques Servan-Schreiber, "un grand homme, profondément réformateur, toujours à l'avant-garde".
Avec son décès, "c'est une page de l'histoire de la cinquième République qui se tourne aujourd'hui", estime-t-il. "Celui qui était considéré comme le +Kennedy français+ (...) a toujours défendu avec vigueur et intransigeance les valeurs qui fondent le Parti Radical, qu'il a présidé durant presque dix ans", ajoute-t-il.
"Avec Françoise Giroud, avec Brigitte Gros, il fut l'un des premiers à donner toute leur place aux femmes dans l'action publique", souligne également le maire de Nancy.

Valéry Giscard d'Estaing
Jean-Jacques Servan-Schreiber était "un personnage très brillant, probablement le plus brillant de notre génération", a déclaré mardi l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing après le décès du fondateur de L'Express.
"Il avait une case de plus que les autres parce qu'il était toujours en avance d'une idée ou d'un projet. C'était un homme d'élan qui voulait faire bouger les choses", a ajouté M. Giscard d'Estaing sur Europe 1.
JJSS "a inventé le mot +réforme+", a-t-il dit à propos de son éphémère ministre.
Il a rappelé qu'ils avaient été tous deux élèves de Polytechnique et avaient noué "une vraie amitié d'adolescence".
"Il voulait que la France soit moderne. Comme c'était également mon idée, nous nous rejoignions absolument sur le fond (...) C'est la raison pour laquelle il m'a soutenu très activement dans la campagne présidentielle de 1974", a relevé M. Giscard d'Estaing.