SNCF: Journée de grève nationale mercredi 8 novembre

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M. Jacob a indiqué que les passagers seraient compensés à 100% concernant leur "transport ferroviaire", sans être en mesure d'indiquer quelles compensations seraient offertes à ceux qui ont raté leur l'avion.
M. Jacob a indiqué que les passagers seraient compensés à 100% concernant leur "transport ferroviaire", sans être en mesure d'indiquer quelles compensations seraient offertes à ceux qui ont raté leur l'avion. — Fred Dufour AFP

Les syndicats de la SNCF qui appellent à une grève nationale mercredi, ont dénoncé lundi la détérioration du dialogue social depuis l'arrivée de la nouvelle présidente Anne-Marie Idrac en juillet, et se sont inquiétés de la situation "catastrophique" du transport de marchandises.
A la SNCF, "on ne peut pas discuter, il n'y a plus rien à discuter. Mme Idrac ne veut écouter personne, elle n'entend rien", a affirmé Jean-Michel Sgorlon, secrétaire-général adjoint de la CGT-Cheminots lors d'une conférence de presse commune à Paris des six syndicats, destinée à présenter les "motivations profondes" de la grève.
"Le dialogue social s'est complètement détérioré au sein de l'entreprise, sinon comment expliquer que six syndicats sur huit appellent à la grève du 8 novembre", a-t-il poursuivi.
Il a souligné que le dialogue social "ne se mesure pas au nombre de réunions tenues mais à l'ouverture de véritables négociations".
Le mouvement de grève des cheminots -- à l'appel de la CGT, Sud Rail, Fo, CFE-CGC, CFTC, et Fgaac, mais pas de la CFDT ni de l'Unsa-- débute mardi à 20H00 pour se terminer jeudi à 08H00.

Trafic

En attendant le trafic prévisionnel officiel de la SNCF, on craint d'importantes perturbations, avec en moyenne 2 TGV sur 3, et en Ile-de-France 1 Transilien sur 2 aux heures de pointes, selon des sources proches du dossier.
Les revendications des cheminots sont multiples et vont de la défense du Fret, à leur statut en passant par l'emploi, l'amélioration des salaires ou le réglement du contentieux traction et l'arrêt des procédures disciplinaires à l'encontre de certains guichetiers indélicats.
Demandant des "mesures concrètes" à Mme Idrac, qu'elle accuse de vouloir filialiser le Fret, l'intersyndicale estime que "la libéralisation du Fret favorise la concurrence et le dumping social".
"La situation catastrophique du plan Fret 2004-2006 avec sa désorganisation, la fermeture des gares, des triages, l'écrémage du trafic, l'anticipation à la concurrence et la suppression de 7.000 emplois entérine de lourdes conséquences sur le fonctionnement et l'emploi de nos bureaux administratifs", estime-t-elle.

"Guerre Froide"

Selon les syndicats, la direction "cache les prévisions Fret" qui envisageraient un trafic 2006 de 40 milliards de tonnes/kilomètres, à comparer aux 55 de 2000.
Les organisations syndicales entrevoient dans les "non-réponses préoccupantes de Mme Idrac", une "non-volonté de négocier" et menacent de "tirer les conclusions si des réponses claires et précises ne sont pas apportées à leurs questions" mercredi.
"On ne peut pas prétendre avoir le dialogue social en tête et penser à affronter les syndicats", a fait valoir William La Rocca de la Fgaac.
Lors du séminaire annuel de presse organisé mi-septembre par la SNCF à Séville (Espagne), Mme Idrac a fait état de son "incompréhension" face à l'appel à la grève du 8 novembre, elle a évoqué "la guerre froide" et le "mur de Berlin", déclenchant la colère des syndicats.