Le Goncourt à Jonathan Littell, le Renaudot à Alain Mabanckou

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"Les Bienveillantes", premier roman de Jonathan Littell, fils du journaliste et écrivain Robert Littell, né en 1967 et édité chez Gallimard, est le premier ouvrage sélectionné pour le Prix Médicis du roman qui sera décerné le 30 octobre prochain
"Les Bienveillantes", premier roman de Jonathan Littell, fils du journaliste et écrivain Robert Littell, né en 1967 et édité chez Gallimard, est le premier ouvrage sélectionné pour le Prix Médicis du roman qui sera décerné le 30 octobre prochain — AFP/Gallimard

Sans surprise, le jury du Goncourt a été récompensé Jonathan Littell pour  "Les Bienveillantes" (Gallimard). L'écrivain américain a reçu sept voix, dès le premier tour. Ses concurrents n'ont reçu qu'une voix chacun. Jonathan Littell, 39 ans, était absent pour la remise du prix, une attitude exceptionnelle mais qui correspond à ses déclarations sur son détachement vis à vis des prix littéraires. Il a toutefois exprimé sa satisfaction via son éditeur Antoine Gallimard.

Succès de la rentrée, ce livre sulfureux, qui relate sur plus de 900 pages les confessions d'un ancien SS, a suscité l'enthousiasme de la quasi-totalité de la critique, mais aussi le débat sur les risques de faire d'un nazi un héros de roman. "Les Bienveillantes" était en compétition pour les six grands prix littéraire de l'automne. Le roman a été distingué dès l'ouverture de la saison des prix, le 26 octobre dernier, par le Grand prix du roman de l'Académie française.

Les Goncourt avaient retenu trois titres : "Marilyn, Dernières séances" (Grasset) de Michel Schneider, "L'amant en culottes courtes" (Seuil) d'Alain Fleischer, et "Ouest" (Viviane Hamy) de François Vallejo.

Côté Renaudot, cinq romans étaient en compétition : "La maison aux orties" (Actes Sud) de Vénus Khoury-Ghata, "Mémoires de porc-épic" (Seuil) d'Alain Mabanckou, "Voici venir le fiancé" (Table ronde) de Gabriel Matzneff, "Disparaître" (Gallimard) d'Olivier et Patrick Poivre d'Arvor et le "Marilyn, Dernières séances" de Michel Schneider. Le jury n'a réussi à départager les concurrents qu'au dixième tour, récompensant  l'auteur franco-congolais Alain Mabanckou par six voix.  Michel Schneider ("Marilyn, dernières séances" chez Grasset), le talonne avec cinq voix.

Alain Mabanckou enseigne depuis 2002 la littérature francophone aux Etats-Unis. Né à Pointe-Noire (Congo), où son père est réceptionniste dans un hôtel, il est Congolais de naissance, francophone de nature et Américain d'adoption. Il a découvert la littérature au lycée en lisant les poètes romantiques, puis les écrivains, comme Joyce ou Céline, "qui élaboraient une sorte de recherche sur la langue".
Après des études de droit en France, il entre comme juriste à la Lyonnaise des eaux, et publie des recueil de poèmes. Son premier roman, "Bleu Blanc Rouge" (1998), est "une histoire de dandys congolais", et "African psycho", en 2001, son premier succès, met en scène un "serial killer" africain.
En 2002, Alain Mabanckou devient professeur de littérature francophone à l'université du Michigan ou il enseigne en français et en anglais.
En 2005, son roman "Verre cassé" figure déjà dans la dernière sélection du Renaudot et obtient plusieurs récompenses, dont le Prix RFO du roman.
Après trois ans dans le Michigan, Alain Mabanckou a rejoint en octobre la prestigieuse université de Californie-Los Angeles (UCLA).