La citrouille a la pêche aux Etats-Unis, pas en Europe

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Smashing Pumpkins. A l’occasion d’Halloween, nombreux sont les sites d’information à souligner le désintérêt croissant des Français pour la fête des citrouilles. « Rares sont les grandes enseignes qui jouent encore la carte de ce carnaval automnal pour doper leurs ventes », souligne La Croix. « Sa pure logique commerciale, l’effet du calendrier scolaire et la survente médiatique de cette nouvelle fête peuvent expliquer la désaffection de la fête », analyse le directeur général de Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), interrogé par le quotidien catholique.

Métro souligne, lui, que « la Toussaint détrône Halloween ». Si les citrouilles ne rencontrent plus le même succès, l’intérêt pour les défunts n’est pas mort puisqu’ « un Parisien sur deux se rendra dans l’un des quatorze cimetières de la ville ». Le directeur général des services funéraires de la Ville, sollicité par le journal gratuit, explique que l’attrait de la Toussaint vient en grande partie du besoin grandissant « de se raccrocher à ses racines ». Un besoin qu’a su exploiter l’Eglise qui organise mardi soir un concert de rock chrétien à la Villette.

Même scénario en Suisse, nous apprend la Tribune de Genève, où « le souffle d’Halloween est retombé ». Si la fête américaine « faisait son entrée en fanfare sur le Vieux-Continent » en 1998, les retombées économiques n’ont jamais été au rendez-vous « face aux mastodontes Saint-Valentin, Pâques, Fêtes des mères ou Noël ».
Tout à l’opposé des Etats-Unis où Halloween « gagne chaque année en popularité » avec cinq milliards de dollars qui « devraient être dépensés cette année, soit 50% de plus qu’en 2005 », souligne le site helvétique Romandie.com. Une vague sur laquelle surfe le film d’horreur « Saw III » de Darren Lynn Bousman qui a su profiter du week-end avant Halloween « pour tailler en pièces ses concurrents au box-office nord-américain », relève « Le Monde » qui souligne que « le long métrage confirme le succès d’une franchise aussi appréciée par un jeune public masculin avide de sensations fortes que décriée par la critique pour son étalage de sadisme et de mauvais goût ». Chaque Américain dépensera « environ 59 dollars, une nette hausse par rapport aux 48 dollars de l’an dernier », poursuit Romandie.com. Et détail significatif, pas moins de 96% d’entre eux achèteront des bonbons.
Pragmatique, le site québécois Cyberpresse fait état d’un communiqué de l’ordre des dentistes du Québec qui rappelle que « les sucreries causent moins de problèmes si les enfants les mangent aux repas, plutôt qu’entre les repas ». « La salive, alors plus abondante, aide à neutraliser certains acides qui s’attaquent aux dents et à éliminer l’excès de sucre ». Un Halloween 2006 moins riche en glucose donc mais pas en adrénaline.

Alexandre Sulzer