Bush reste confiant malgré l'évolution négative de la situation en Irak

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Le président George W. Bush a consulté samedi ses généraux sur la réponse à apporter à l'alarmante dégradation de la situation en Irak, qui le soumet à une pression de plus en plus forte pour un changement de cap.
Le président George W. Bush a consulté samedi ses généraux sur la réponse à apporter à l'alarmante dégradation de la situation en Irak, qui le soumet à une pression de plus en plus forte pour un changement de cap. — Tim Sloan AFP

George W. Bush a assuré mercredi que les Etats-Unis allaient gagner en Irak, même s'il a affiché son inquiétude face à l'évolution de la situation dans ce pays, à moins de quinze jours d'élections parlementaires américaines.
Les Etats-Unis "gagnent et vont gagner" en Irak, a assuré le président américain, lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. Mais la patience des Etats-Unis n'est "pas illimitée" et Bagdad doit prendre des "mesures audacieuses" pour changer le cours des choses, a-t-il ajouté.
Il a toutefois réaffirmé son soutien au Premier ministre irakien Nouri al-Maliki. C'est "l'homme qu'il faut pour atteindre les buts (recherchés) en Irak". "Il veut atteindre les mêmes objectifs que moi, et il prend des décisions difficiles", a déclaré M. Bush.
"Les événements du mois écoulé m'inquiètent beaucoup, et inquiètent également beaucoup le peuple américain", a reconnu M. Bush, alors que sa majorité républicaine est menacée de perdre le contrôle du Congrès lors d'élections parlementaires le 7 novembre.
"Ce mois-ci nous avons perdu 93 militaires en Irak, le nombre le plus élevé depuis octobre 2005. Dans la même période, plus de 300 membres des forces de sécurité irakiennes ont perdu la vie dans des batailles, et des civils irakiens ont subi des violences indicibles commises par des insurgés terroristes, des milices, des groupes armés et des criminels", a-t-il ajouté.
Il a soutenu que les Etats-Unis adaptaient leur "tactique pour aider le gouvernement irakien à prendre le contrôle de la situation de sécurité". "Nos objectifs restent inchangés. Nous sommes souples sur nos méthodes pour atteindre ces buts". "De même que l'ennemi change de tactiques, nous changeons aussi de tactiques", a-t-il fait valoir.
Le président a défendu la poursuite de l'engagement américain en Irak, soulignant que "vaincre les terroristes en Irak était essentiel pour faire échouer la cause de l'extrémisme au Moyen-Orient".
"Le fait que les combats sont durs ne signifie pas que nos efforts en Irak n'en vaillent pas la peine, au contraire". "Les conséquences en Irak auront un impact décisif sur la sécurité de notre pays, parce que vaincre les terroristes en Irak est essentiel pour faire échouer la cause de l'extrémisme au Moyen-Orient".
A contrario, a-t-il dit, "si nous ne l'emportons pas contre les terroristes ou les extrémistes en Irak, ils auront accès à de vastes ressources pétrolières et utiliseront l'Irak comme base pour renverser des gouvernements modérés dans le Grand Moyen-Orient".
Sa rencontre avec la presse est intervenue alors que la guerre en Irak est de plus en plus impopulaire aux Etats-Unis à moins de 15 jours d'élections parlementaires.
Un tiers des 100 sièges du Sénat, la totalité des 435 sièges de la Chambre des représentants ainsi que 36 des 50 sièges de gouverneur d'Etat sont en jeu lors de ces élections qui interviennent à mi-mandat de la présidence.
Le commandant des troupes américaines en Irak, le général George Casey, et l'ambassadeur américain à Bagdad, Zalmay Khalilzad, ont annoncé mardi que le gouvernement irakien avait accepté de souscrire à des échéances pour atteindre certains objectifs, signe d'un surcroît de pression exercée par l'administration Bush.
Dans le même temps, le général Casey n'a pas exclu de demander davantage de troupes pour mettre fin à la flambée de violences dans la capitale.
Mercredi, comme un pied de nez adressé aux Etats-Unis alors que son président donnait une conférence de presse, des obus de mortier ont été tirés sur le centre de Bagdad, et notamment sur la "zone verte", secteur fortifié où se trouvent le siège du gouvernement irakien et l'ambassade américaine.
Les Etats-Unis comptent quelque 140.000 militaires en Irak.