Kofi Annan lance un appel à la paix au Proche-Orient

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Il a averti que si le Conseil de sécurité de l'ONU ne parvient pas à mettre fin à ce conflit de près de 60 ans "en amenant les deux parties à accepter et appliquer ses résolutions", cela conduira à "un déclin du respect" pour l'ONU et "une remise en question de son impartialité".
Il a averti que si le Conseil de sécurité de l'ONU ne parvient pas à mettre fin à ce conflit de près de 60 ans "en amenant les deux parties à accepter et appliquer ses résolutions", cela conduira à "un déclin du respect" pour l'ONU et "une remise en question de son impartialité". — Timothy A. Clary AFP

Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a lancé mardi un appel vibrant à la communauté mondiale pour qu'elle mette enfin un terme au conflit au Proche-Orient, dans son discours d'adieu à l'Assemblée générale de l'ONU. S'adressant aux délégations des 192 Etats membres à l'ouverture du débat annuel de l'Assemblée, M. Annan, qui quitte son poste fin décembre après 10 ans à la tête de l'Organisation internationale, a désigné le conflit au Proche-Orient comme le plus grand défi de sécurité du moment.

"Aucun autre conflit ne contient une telle charge symbolique et émotionnelle parmi des gens parfois très éloignés du champ de bataille", a-t-il dit.
"Tant que les Palestiniens vivront sous occupation, exposés à des frustrations et à des humiliations quotidiennes, et tant que des Israéliens seront déchiquetés par des bombes dans des bus ou des salles de danse, les passions resteront enflammées partout", a-t-il ajouté.

Il a averti que si le Conseil de sécurité de l'ONU ne parvient pas à mettre fin à ce conflit de près de 60 ans "en amenant les deux parties à accepter et appliquer ses résolutions", cela conduira à "un déclin du respect" pour l'ONU et "une remise en question de son impartialité".
De même, a-t-il poursuivi, "nos efforts pour résoudre d'autres conflits rencontreront des résistances, y compris en Irak et en Afghanistan, dont les peuples ont tout autant besoin de nous".

M. Annan doit participer à une réunion du Quartette sur le Proche-Orient (Etats-Unis, ONU, Russie, Union européenne) au siège de l'ONU mercredi. Le Quartette a élaboré la Feuille de route, un plan de paix international resté lettre morte depuis son lancement en 2003.

Le secrétaire général doit aussi assister à une séance ministérielle du Conseil de sécurité prévue jeudi, pour discuter d'une demande de la Ligue arabe de relancer le processus de paix au Proche-Orient.
Sur le plan humanitaire, M. Annan a également évoqué le conflit au Darfour, province du Soudan où se poursuit une guerre civile qui a déjà fait au moins 200.000 morts depuis février 2003. "Hélas, une fois de plus le plus gros défi vient d'Afrique, du Darfour où le spectacle d'hommes, femmes et enfants chassés de leurs maisons par le meurtre, le viol ou l'incendie de villages rend dérisoire notre prétention, en tant que communauté internationale, à protéger les pires exactions", a-t-il déploré.

M. Annan devrait se joindre à d'autres dirigeants mondiaux pour enjoindre le président soudanais Omar el-Béchir d'accepter le déploiement d'une force de l'ONU au Darfour. Il doit aussi assister mercredi à un sommet du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA), qui doit prendre une décision délicate sur la prolongation ou non au-delà du 30 septembre du mandat de la force de l'UA au Darfour, pour éviter de laisser la population civile sans défense.