Madonna divine

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Quelque 17.000 personnes ont assisté à cette soirée, qui était plus un grand spectacle qu'un concert à proprement parler. Les prix des billets allaient de 70 à 180 euros. Les autres concerts ont lieu lundi, mercredi et jeudi.
Quelque 17.000 personnes ont assisté à cette soirée, qui était plus un grand spectacle qu'un concert à proprement parler. Les prix des billets allaient de 70 à 180 euros. Les autres concerts ont lieu lundi, mercredi et jeudi. — Bertrand Guay AFP

Divine. Pour la deuxième soirée consécutive, Madonna a illuminé Bercy hier soir, offrant aux dix-sept mille fans déchaînés un show à la (dé)mesure de sa réputation. Pendant 2h15, la presque quinquagénaire a orchestré de main de madone la multiplication des tubes et des chorégraphies, dont certaines sont notamment inspirées des Yamakasis. Pas une seconde où miss Pop n’appuie sur le décélérateur, pas une note qui ne soit accompagnée d’un déluge de films et de flammes.
Bien-sûr, la Dancing Queen donne dans la provoc. Sulfureuse à souhait, elle mixe sexe, politique et religion, et flirte avec les frontières de l’obscur. Madonna, ou l’art de passer de la couronne d’épines à la cravache, d’une crucifixion XXL à une chevauchée sulfureuse à dos d’hommes. Pas vraiment like a virgin. Comme pour compenser, elle nous incite à scander avec elle « Peace, not war ». En somme, la star veut la paix, et pas la guerre, et préfère les prières de Saint Mathieu, qui défilent sur écrans géants, aux diatribes de Saddam Hussein ou de le Pen, elles aussi retransmises. Un credo politiquement très correct.
Un regret, Madonna ne se livre pas dans son spectacle, pourtant baptisé « Confessions Tour ». À part l’attendu « Bienvenyou, on va tout niquer ce soir », la star américaine déroule son show calibré au mouvement de cheveux près. Seules variantes, les huées de la salle quand Madonna salue les spectateurs italiens présents (réminiscences d’un certain match de foot), et un beau coup de gueule qu’elle adresse aux spectateurs malveillants de la fosse qui ont osé lancer un tee-shirt sur « SA » scène. « Fuck off ! » leur lance t-elle dans un coup de pied rageur, avant d’expliquer que « si elle veut quelque chose de nous, elle le prend ». Un point c’est dit.
N’empêche, il émane de ce show une énergie folle. Car à défaut d’y mettre son coeur, Madonna y met toute sa fougue. Si bien que quand elle lâche au milieu du concert « je souis fatiguée », tout le monde rigole. Car jamais sa voix ne faiblit, jamais sa respiration ne se hachure, malgré le tempo effréné des danses qu’elle inflige à sa troupe. À croire qu’elle rajeunit. À 48 ans, Madonna assure, et sort de ce « confessionnal » géant comme d’une cure de jouvence. Ça promet.

Laure de Charette