Chirac annonce l'envoi de 2000 soldats au Liban

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Le président de la République, qui devait présider jeudi après-midi une réunion à l'Elysée consacrée au Liban avec les principaux ministres concernés, fera à 20H00 une déclaration télévisée.
Le président de la République, qui devait présider jeudi après-midi une réunion à l'Elysée consacrée au Liban avec les principaux ministres concernés, fera à 20H00 une déclaration télévisée. — Olivier Laban-Mattei AFP/Archives

 Le président Jacques Chirac a assuré jeudi soir à la télévision avoir obtenu de l'Onu, d'Israël et du Liban les "clarifications nécessaires" au déploiement d'une force internationale au sud Liban.
Il a annoncé que 2.000 soldats français au total seront déployés au sud Liban pour renforcer la force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).
"Deux bataillons supplémentaires viendront, sur le terrain, étendre notre dispositif au sein de la Finul. 2.000 soldats français seront ainsi placés sous casque bleu au Liban", a-t-il dit dans une déclaration solennelle de quelques minutes.
Ces deux bataillons, soit 1.600 hommes, s'ajouteront aux 400 soldats déjà déployés dans la Finul au Liban ou en route vers le pays du Cèdre.
M. Chirac a également confirmé que les 1.700 hommes de l'opération aéro-navale Baliste "sont maintenus sur place".
Il a souligné que "la France est prête, si l'Onu le souhaite, à continuer à assumer le commandement de la force" qui doit aider à consolider la trêve entre le Hezbollah et Israël.
Le président Chirac a indiqué avoir décidé l'envoi de nouveaux renforts après avoir obtenu de l'Onu, d'Israël et du Liban les "clarifications nécessaires" au déploiement d'une force internationale au sud Liban.
"Aujourd'hui, les conditions mises en avant par la France étant remplies, j'ai décidé de répondre favorablement aux demandes du secrétaire général des Nations unies et des gouvernements libanais et israélien", a-t-il déclaré.
Il a aussi appelé "d'autres membres permanents du Conseil de sécurité" de l'Onu à suivre l'exemple de la France, assurant que "plusieurs partenaires européens vont le faire, de même que d'importants pays musulmans d'Asie".
Pour maintenir le consensus dans la classe politique française sur l'engagement français au Liban, M. Chirac a d'autre part annoncé que le gouvernement fera une déclaration suivie d'un débat au Parlement dès l'ouverture de la session extraordinaire, le 7 septembre.
La décision a été finalisée lors d'une réunion, dans l'après-midi à l'Elysée, avec le Premier ministre Dominique de Villepin et les principaux ministres concernés (Affaires étrangères, Défense, Affaires européennes).
L'annonce de l'envoi d'un contingent français substantiel pourrait avoir un effet d'entraînement sur les autres Européens qui rencontrent vendredi à Bruxelles le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, pour faire le point sur les contributions des 25.
Elle met fin à une semaine de confusion, après la décision de Jacques Chirac de n'envoyer en urgence qu'un renfort symbolique, en dépit du rôle capital qu'il avait joué pour faire cesser les combats. Outre Kofi Annan, Israël comme le Liban ont ainsi appelé Paris à revoir sa décision en déployant un contingent conséquent à la frontière israélo-libanaise.
Le déploiement d'une force internationale est prévue par la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'Onu, qui avait permis d'arriver le 14 août à une trêve entre Israël et les milices chiites du Hezbollah libanais, après un mois de durs combats.
Cette force doit compter au maximum jusqu'à 15.000 hommes, au lieu des 2.000 de l'actuelle Finul, afin d'épauler l'armée libanaise.

Le gouvernement fera une déclaration suivie d'un débat au Parlement dès l'ouverture de la session extraordinaire, en septembre, sur l'engagement de forces françaises au Liban.