Le point sur l'enquête concernant les causes du crash aérien

A.S.

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Outre le choc provoqué au sein de la communauté antillaise, le crash qui a tué l’an dernier les 152 passagers d'origine Martiniquaise et 8 membres d'équipage colombiens est aujourd’hui au centre de plusieurs débats. Officiellement, l'enquête sur les causes du drame est en cours, les conclusions  n’ont pas été délivrées.

Rapidement, les boîtes noires ont été retrouvées et analysées au Venezuela en présence d'enquêteurs français du Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA). Des centaines de militaires, agents de la protection civile, de la Croix-Rouge et experts aéronautiques ont ratissé la zone marécageuse de Machiques, à la recherche d'indices. Les derniers restes humains ont été retrouvés au début du mois. Selon l’Association Association des victimes de la catastrophe aérienne (AVCA), la première boîte noire décryptée a montré que jusqu'à un quart d'heure avant le crash, le pilote et le co-pilote ne montraient aucun signe de préoccupation. Puis, ils ont alerté la tour de contrôle du Venezuela au sujet d’un problème avec un des deux moteur, puis au sujet du second quelques minutes plus tard. Le dernier échange du commandant de bord avec les contrôleurs aériens aurait été un appel solennel: « MD 82, 160 âmes à bord ».

De nombreuses interrogations demeurent notamment sur le choix de trajectoire de l'avion par le pilote, l’éventuelle surcharge de l'appareil puisque l'avion aurait eu du mal à prendre de l'altitude. Enfin, l'insuffisance de formation et d'expérience des pilotes a été soulignée dès le début de l’affaire, puisque l'un d'eux n'avait que 21 ans. Les premiers résultats de l'expertise du BEA sont attendus pour les mois de septembre ou d’octobre. L'examen des moteurs du Boeing Mc Donnel Douglas par le Bureau d'enquête et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) a commencé au mois de mai en métropole.

Selon des sources judiciaires citées par Le Figaro en mai, des experts français envoyés au Venezuela ont conclu que des erreurs humaines étaient vraisemblablement à l'origine du crash, et non des problèmes techniques. Selon eux, l'avion a décollé avec un surpoids de plusieurs tonnes, ce qui aurait dû amener les pilotes à ne pas emprunter la route la plus courte, d'altitude élevée, au dessus des montagnes. Lorsqu'un orage éclate, les appréciations du commandant et de son copilote auraient divergé sur le déclenchement du dégivrage, le givre s'accumulant sur les ailes. Le commandant aurait refusé puis décidé de débrancher le pilotage automatique mais il n’aurait pu alors maintenir l'avion en vol plané. L'appareil s'écrasera 50 secondes plus tard dans la plaine du nord-ouest du Vénézuela.