Incidents en Alaska : nouvelle fièvre sur le brut

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Face à un afflux sans précédent de pétrodollars, la Russie fait face à un choix difficile : dépenser cette manne inespérée ou capitaliser pour parvenir à terme à surmonter la dépendance du pays envers les hydrocarbures, comme le préconise la Banque mondiale.
Face à un afflux sans précédent de pétrodollars, la Russie fait face à un choix difficile : dépenser cette manne inespérée ou capitaliser pour parvenir à terme à surmonter la dépendance du pays envers les hydrocarbures, comme le préconise la Banque mondiale. — AFP/Archives

Cet été risque d’être celui du record absolu pour le pétrole brut. Dimanche soir, la société British Petroleum qui exploite le plus grand champ pétrolifère d’Alaska a annoncé la fermeture de ses puits en raison des risques de rupture d’un oléoduc. Ces gisements de Prudhoe Bay produisent à eux seuls 400.000 barils de brut par jour soit 8% de la consommation américaine. Immédiatement, les prix du brut se sont envolés à 78,08 dollars le baril à Londres, tout près de son record historique du 17 juillet dernier où le baril avait atteint 78,18 dollars.

L’arrêt de la production de Prudhoe Bay risque d’être durable ; c’est au cours d’une inspection décidée par l’administration américaine qu’une corrosion importante a été découverte sur ce pipe-line complexe qui traverse sur des centaines de kilomètres d’ une des régions les plus inhospitalières au monde. BP concentre aujourd’hui les suspicions sur la fiabilité de ses installations. En mars dernier, la région avait connu sa plus grande marée noire causée par la vétusté de ses installations et un an plus tôt l’explosion dans une raffinerie texane avait fait 15 morts et 500 blessés.

Cette nouvelle réduction de la production intervient dans un contexte géopolitique tendu. La guerre israélo-libanaise semble s’enliser alors que subsiste le spectre d’une régionalisation du conflit. Côté iranien, pas de signe dans ce qui reste une crise diplomatique : Téhéran a annoncé son intention de poursuivre son programme d’enrichissement d’uranium en dépit des protestations de la communauté internationale. Certains experts redoutent que le recours à des sanctions contre l’Iran l’amène à utiliser l’arme du pétrole dont il est le quatrième producteur mondial. S’ajoutent enfin les effets de la guerrilla au Nigeria dont la production de brut est en baisse de 30%.

Ces éléments, couplés à une demande forte – soutenue par des facteurs saisonniers comme les vagues de chaleur et la saison des cyclones aux Etats-Unis – font craindre aux experts une poussée sur les cours du brut pouvant atteindre une dizaines de dollars dans les mois à venir.

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