Richard Billant : « Des titres vont venir »

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Interview de l'entraîneur de l’équipe de France Juniors

Après un début de tournoi catastrophique (trois défaites de rang) vous ramenez le titre de champion d’Europe . Que s’est-il passé ?


Cette victoire a été obtenue après des moments difficiles. On a été dans le trou, pour des raisons que je ne m’explique pas totalement. On s’est peut-être mis trop de pression au début, si bien qu’on a failli passer à la trappe dès le premier tour, et ne pas terminer dans les huit premiers, ce qui aurait été catastrophique. Mais cette équipe est composée de vrais compétiteurs, qui ont fini au top.

On peut faire le parallèle avec le parcours de l’équipe de France seniors durant le Championnat d’Europe de 2005, qui avait démarré timidement mais avait ramené la médaille de bronze ?

Un peu oui. Petit à petit le groupe a fait corps, les gars sont allés puiser au plus profond d’eux-mêmes. Le déclic a eu lieu lors du match contre la Grèce. On les a étrillés (86-43), chez eux, lors d’un match qui passait en direct à la télévision nationale. Ce fut le match de la délivrance.

Quelle comparaison faites-vous entre l’équipe de France Juniors de 2000, elle aussi championne d’Europe, et cette génération ?

Ce sont deux équipes de compétiteurs. En 2000, il y avait un joueur d’exception, c’était Tony Parker. Là, on a Nicolas Batum, lui aussi élu meilleur joueur du tournoi, donc l’un des meilleurs joueurs d’Europe, mais qui peut encore progresser au niveau athlétique. Alexis Ajinca avec ses 2,14 mètres va sans doute faire parler de lui aussi. Je pense aussi à Antoine Diot. Maintenant, c’est à eux de travailler.

Que leur conseilleriez-vous : intégrer un effectif de Pro A, ou rejoindre une université américaine ?

Ni l’un, ni l’autre. Moi je pense qu’un passage en Pro B serait la meilleure chose, car c’est à ce niveau qu’ils peuvent obtenir un temps de jeu conséquent, et s’aguerrir. Maintenant, ce n’est pas trop dans l’air du temps… Je ne suis pas très favorable au système universitaire américain, car on a une très bonne formation en France, notamment grâce à des clubs comme Le Mans ou Reims.

Qu’est-ce qui explique ces bons résultats de la formation à la française ?

Sincèrement, on a la chance d’avoir des joueurs, particulièrement ceux qui arrivent des Antilles, aux qualités physiques exceptionnelles. Parallèlement à cela, on leur inculque que le basket est avant tout un sport collectif, chose que les Américains ont un peu oublié ces derniers temps. Résultat, cela fait des joueurs très recherchés…

Vous prévoyez bientôt un titre pour l’équipe de France seniors ?

Avant, on se plaignait qu’il n’y avait pas de basketteurs de grande taille en France. Aujourd’hui ils sont là. Au niveau du jeu, on se rapproche des meilleures équipes mondiales. Oui, des titres vont venir.

Propos recueillis par Mickaël Bosredon