Jeux vidéo: Le «Sorceleur» polonais envoûte le monde

JEU «Geralt le Sorceleur» est le héros d'un jeu vidéo au succès mondial, lancé par un studio de Varsovie...

20 Minutes avec AFP
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Marcin Iwinski, l'un des fondateurs du studio polonais CD Project Red, qui développe le jeu vidéo le Sorceleur, pose dans ses bureaux à Varsovie, le 2 juin 2015
Marcin Iwinski, l'un des fondateurs du studio polonais CD Project Red, qui développe le jeu vidéo le Sorceleur, pose dans ses bureaux à Varsovie, le 2 juin 2015 — Janek Skarzynski AFP

Le nouvel ambassadeur de la Pologne est un tueur à gages au visage balafré qui a deux épées et des potions pour anéantir monstres et dragons. Son nom est «Geralt le Sorceleur» et il est le héros d'un jeu vidéo au succès mondial, lancé par un studio de Varsovie.

Numéro un des ventes dans la plupart des 109 pays où il a été distribué, le 3e épisode du jeu de rôle du Sorceleur (The Witcher 3, Wild Hunt) s'est vendu à quatre millions d'exemplaires en quinze jours après sa sortie à la mi-mai, s'ajoutant aux quelque huit millions écoulés jusqu'à présent des deux premiers épisodes de la saga, mis sur le marché respectivement en 2007 et 2011.

«C'est un des meilleurs jeux jamais faits», s'exclame le site internet spécialisé GameSpot.

Félicitations du président américain

«Leur monde, le plus grand dans l'histoire des jeux vidéo, ils l'ont peuplé de personnages pleins de vie, avec des dialogues pertinents. Le graphisme est époustouflant», estime Pawel Miechowski, 32 ans, un des grands noms parmi les développeurs de jeux en Pologne.

Un succès que même le président américain Barack Obama a salué. «Le Sorceleur est le meilleur exemple de la place qu'occupe la Pologne dans l'économie mondiale», a-t-il ainsi déclaré à l'occasion d'un déplacement à Varsovie en juin 2014, après s'être vu offrir le deuxième épisode du jeu, un cadeau-symbole censé faire contrepoids aux stéréotypes du plombier polonais et des charrettes hippomobiles.

Forte industrie

«Avec notre sensibilité est-européenne, nous apportons une nouvelle qualité, un esprit de fraîcheur, de la créativité», dit, pour expliquer le succès des jeux polonais, Marcin Iwinski, l'un des fondateurs du studio varsovien CD Project Red qui développe le Sorceleur.

Selon Daniel Sadowski, cofondateur du Nitreal Games studio et enseignant à l'Ecole polono-japonaise de technologies informatiques, l'industrie polonaise des jeux vidéo est l'une des plus fortes, sinon la plus forte d'Europe.

«Il y a autour de 500 studios de jeux vidéo indépendants en Pologne, alors qu'en Allemagne il y en peut-être une dizaine. Chaque année, il y a une centaine de jeux polonais qui sortent sur le marché mondial», affirme-t-il.

En mai, outre le Sorceleur qui occupait avec ses différentes versions trois places sur dix dans le classement de Steam, le numéro 5 était également un jeu polonais : «Dying light» produit par le studio Techland dont le siège est à Wroclaw (sud-ouest).