Bookreader, les yeux ont des oreilles

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Pouvoir lire sans attendre que les ouvrages soient transcrits en braille ou en caractères agrandis, c'est possible pour les aveugles et malvoyants grâce aux aides techniques à la lecture. Pourtant, rares sont les entreprises grand public qui s'intéressent à ce créneau, malgré le marché potentiel : 60 000 aveugles de naissance, 400 000 malvoyants, sans compter les personnes âgées qui perdent la vue. Résultat : on compte à peine une dizaine de spécialistes de ces matériels. Autant dire que la concurrence joue peu et que les prix s'en ressentent.

Alors, dès qu'une société comme Plustek se lance dans l'aventure avec son scanner Bookreader Bat, on ne peut que se réjouir. Avant tout parce que la performance de ce scanner à reconnaissance optique de caractères est à la hauteur des espérances. Notamment grâce à sa simplicité d'installation – le CD qui se lance travaille tout seul du début à la fin du processus– et un mode d'utilisation basique : il suffit d'appuyer sur un bouton pour que la page soit scannée et sur un autre pour qu'elle soit lue. Bien vu, la surface de numérisation de 21,6 x 29,7cm est idéale pour scanner un livre. Enfin, la synthèse vocale est l'une des plus agréables sur le marché, et il est possible de conserver des fichiers aux formats Word, PDF ou en MP3 et WAV. Dernier atout : le prix. Affiché à 699 euros , le Bookreader est cinq fois moins cher que ses concurrents. Dommage, en revanche, qu'aucune notice en braille ne soit fournie avec l'appareil . Par ailleurs, il est trop lourd, pesant 3,9 kg, soit trois fois plus qu'un simple scanner. Dernier grief, des problèmes d'incompatibilité avec les lecteurs d'écran, ces logiciels indispensables aux aveugles pour l'utilisation d'un PC. Une lacune qui amène à penser que le Bookreader Bat répond surtout aux besoins de personnes malvoyantes ou vieillissantes.

Sophie Massieu-Gitoune

Bien que classé parmi les scanners, le Bookreader Bat de Plustek est plus proche des machines à lire que d'un scanner couplé à Omnipage Pro, un logiciel de reconnaissance de caractères. Comme elles, il est en effet doté de sa propre synthèse vocale et ne demande aucune connaissance particulière en informatique. Les machines à lire sont nettement plus chères (Poète Compact coûte 3 690 euros et Sara, 3 750 euros par exemple), mais elles ne nécessitent pas d'ordinateur.