Le Géoportail enfin en état de marche

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"Ce plébiscite, déclare Bertrand Lévy, directeur général de l'IGN à l'origine de Géoportail, est un élément très positif pour l'exercice de la citoyenneté, il y a là une façon d'accéder à l'information publique, une envie de découvrir son pays, son environnement et son territoire".
"Ce plébiscite, déclare Bertrand Lévy, directeur général de l'IGN à l'origine de Géoportail, est un élément très positif pour l'exercice de la citoyenneté, il y a là une façon d'accéder à l'information publique, une envie de découvrir son pays, son environnement et son territoire". — Jacques Demarthon AFP/Archives

Le Géoportail se laisse enfin découvrir, après une saturation d'environ une semaine. Pour parvenir à satisfaire les trois millions de demandes de connexions par jour, l'IGN a sorti l'artillerie high-tech. « Nous avons mis en place l'infrastructure prévue pour la 3D », note son directeur général, Bertrand Lévy. Les pages ont été allégées. Un serveur de bases de données a été rajouté et les capacités de calcul augmentées. Le prestataire, Teamlog (qui se refuse à tout commentaire) devrait faire appel à des renforts. Actuellement, la circulation est fluide, bien que certaines pages mettent un peu de temps à ajuster leurs pixels. On peut admirer la couverture inégalée du territoire – hors points stratégiques, dont... le château de Bity, résidence secondaire des époux Chirac... Le plus : un système de calques pour superposer les vues aériennes aux routes. Reste à savoir pourquoi le lancement a viré à la cyber-déconfiture. Explications.

  • Mini-moyens Les moyens ? Minimalistes... Une équipe d'une vingtaine de personnes, un budget de 6 à 7 millions d'euros, dont un million seulement pour l'actuelle phase 1. Dans un document de février 2006, l'IGN prévient que le portail sera « progressivement » mis en ligne et ne sera accessible qu'à... 500 000 visiteurs. Mais en quelques mois, le projet doit se redimensionner pour un million de demandes de connexion. Ce sera cependant insuffisant.
  • Un enjeu, des bisbilles Le Géoportail est une affaire interministérielle. Et un enjeu. Un rapport administratif de décembre 2005 fait état de « griefs » dans sa « concrétisation ». Tout en soulignant « le bon niveau de qualité » des prestations de l'IGN, il assène : « Ni l'Etat ni l'IGN n'ont encore pris la pleine mesure de la révolution en cours en matière d'information géographique. » Les partenaires n'arrivent pas à s'entendre. Le Monde relate la « violence » des discussions. Une charte est signée le 21 juin. Deux jours avant l'inauguration par Jacques Chirac.
  • Un lancement précipité Quand le Président fait clic-clic en public, il n'y a guère d'autre choix que d'ouvrir le site dans la foulée. Résultat : un lancement avancé d'une semaine, le 23 juin au lieu du 30. La semaine qui a manqué pour ajuster l'infrastructure. « On était certain de planter, on a prévenu le gouvernement, mais on a été obligé de le lancer... », confie une source proche du dossier. Pour la 3D, prévue à l'automne, on a donc envie de faire l'éloge de la lenteur.

A. K.