Piratage: Le ministère de la Culture accusé de téléchargements illégaux

HIGH TECH Le blog anti Hadopi Nikopik.com affirme, adresses IP à l'appui, que des téléchargements illégaux ont eu lieu depuis la rue de Valois...

A.G.

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Capture d'écran du blog anti Hadopi Nikopik, qui accuse l'Elysée et le ministère de la Culture de télécharger illégalement en peer-to-peer.
Capture d'écran du blog anti Hadopi Nikopik, qui accuse l'Elysée et le ministère de la Culture de télécharger illégalement en peer-to-peer. — CAPTURE D'ECRAN/20MINUTES.FR

Après avoir inspecté plusieurs adresses IP utilisées par le ministère de la Culture, des internautes accusent la rue de Valois de pirater des longs-métrages, séries, morceaux de musique et jeux vidéo.  Une affirmation bien embarrassante, alors qu’une loi Hadopi 3 est dans les cartons du gouvernement, qui ne cesse de répéter aux internautes que télécharger c’est mal, tout comme regarder des films en streaming sur des plateformes non légales.

Pour savoir si des fichiers étaient téléchargés illégalement par le ministère de la Culture, les lecteurs du blog Nikopik.com ont utilisé le site YouHaveDownloaded, hébergé en Russie, qui permet d’afficher l’historique des téléchargements des Torrents publics qui ont transité via une adresse IP. Cette même méthode est utilisée par Trident Media Guard (TMG), la société privée en charge de surveiller les échanges en peer-to-peer pour le compte des ayants droit et de transmettre les adresses IP des pirates à l’Hadopi.

«Sur les 65.025 adresses IP officiellement attribuées au ministère, plus de 250 ont été repérées comme faisant transiter du contenu illégal durant les deux derniers mois», peut-on lire sur Nikopik.com.  Parmi les fichiers téléchargés, figurent les films Jurassic Park, Minuit à Paris, Captain America, le single de Justin Bieber ft Usher «Somebody to Love», un morceau de David Guetta, un album du groupe The Verve, des épisodes de la série «Big Bang Theory», de «Terra Nova», de «Beverly Hills» ou encore les jeux Deus Ex et Call of Duty…

Quelle fiabilité pour une adresse IP?

«Soit il y a véritablement des téléchargements illégaux qui ont été effectués depuis le ministère de la Culture, soit l’utilisation des adresses IP pour identifier d’éventuels cas de téléchargement illégal n’est pas du tout fiable», estime Nicolas Perrier, auteur de l’article sur le blog anti Hadopi. Dans le deuxième cas, cela signifierait que la méthodologie de la Haute autorité pour traquer les pirates ne serait pas du tout au point et pourrait mener à de nombreuses erreurs… Quelle que soit la vérité, l’Hadopi aura donc beaucoup de mal à se justifier sans se décrédibiliser.

Il y a deux semaines, l’Elysée était accusé par le même blog de télécharger illégalement de la musique et des films sur les réseaux peer-to-peer, après utilisation de l’outil YouHaveDownloaded. Un représentant de la résidence présidentielle avait alors expliqué à RTL: «L’Elysée dément qu’un de ses collaborateurs ait pu se livrer à de telles pratiques, les adresses IP ne sont pas fiables car elles peuvent être piratées».  Après ces accusations, un responsable du site YouHaveDownloaded avait également affirmé que les adresses IP n’étaient pas fiables à 100%: «Je pense qu'il s'agit d'une machine personnelle qui utilise l'adresse IP du Palais, pas d'un ordinateur gouvernemental  (...) Une adresse IP n'est pas une donnée fiable pour identifier un internaute. Celle-ci peut être usurpée ou détournée.» Comment se fait-il alors que les adresses IP envoyées à l’Hadopi par TMG soient utilisées comme des preuves dans le cadre de procédures pénales?