iPhone 4S: Converser avec son smartphone, la prochaine révolution?

Philippe Berry

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Siri, l'assistant de l'iPhone, se contrôle par la voix.
Siri, l'assistant de l'iPhone, se contrôle par la voix. — DR

De notre correspondant à Los Angeles

Simple évolution par rapport à son prédécesseur, l'iPhone 4S n'a pas fait rêver, mardi. Mais l'innovation n'est cette fois pas matérielle. Ce qu'Apple avait gardé pour la fin, c'est Siri, un assistant personnel capable en théorie d'écouter, de comprendre et de répondre à l'utilisateur. Siri va-t-il rendre le smartphone enfin vraiment intelligent? Encore loin des performances rêvées par la science-fiction (2001, Star Trek), il pourrait se révéler utile dans certains situations. Explications.

La situation actuelle

Le contrôle vocal de l'iPhone, ce n'est pas vraiment ça. «Appeler Nathan» se transforme vite en «appeler Maman», «écouter Foo Fighters» en «écouter Taio Cruz». Microsoft, avec Windows Phone 7, et Google avec Android, font globalement mieux. Leur recherche vocale donne des résultats satisfaisants même sur une longue phrase (en français et en anglais à condition d'avoir un meilleur accent que Nicolas Sarkozy). On peut encore dire à sa tablette Honeycomb «écrire email à Pierre, rendez-vous à 20 heures au restaurant» et elle crée un message pré-rempli prêt à être envoyé. A la pointe du progrès, le superordinateur Watson d'IBM a montré qu'il était capable de battre les humains à Jeopardy en comprenant des questions parfois subtiles.

 

Siri, c'est quoi

Pour le réduire à sa plus simple expression mathématique, Siri = reconnaissance vocale + intelligence artificielle. A la base, Siri est issu d'un vaste projet lancé par DARPA (l'agence de recherche de l'armée US). Une entreprise s'en est détachée puis a proposé une app d'assistant sur iPhone. Elle s'est ensuite fait racheter par Apple il y a 18 mois. La firme à la pomme a également conclu un partenariat avec Nuance communications pour la reconnaissance vocale dans iOS 5. L'assistant de l'iPhone 4S tire partie de la puissance du processeur ainsi que de celle des serveurs d'Apple pour comprendre les commandes, et surtout y répondre.

 

Et concrètement?

La vidéo promotionnelle:

On peut dicter un mail, un SMS, demander un itinéraire ou rentrer un rendez-vous dans son calendrier. Siri l'affiche (ou le répète) et demande une confirmation. «Là où Apple innove, c'est surtout sur l’intégration de l'intelligence artificielle», analyse pour 20minutes.fr Michael Gartenberg, consultant chez Gartner. «En cas de doublon dans le calendrier, l'assistant propose un autre créneau horaire.» Siri est également capable d'apprendre. Un rappel pour acheter des fleurs pour sa femme? L'assistant va demander la première fois qui est l'épouse dans la liste de contact, une connaissance qu'il gardera pour la suite. Il peut également comprendre des phrases complexes comme «dois-je prendre un imperméable» et répondre «oui, de la pluie est prévue». Via un partenariat avec le moteur Wolfram Alpha, Siri trouve également des réponses factuelles («combien de jours jusqu'à Noël», «combien de pieds dans un mile» etc.).

 

Est-ce utile?

La reconnaissance vocale existe depuis 30 ans mais n'a jamais décollé. Au-delà des problèmes de performance, surtout en milieu bruyant, parler à une machine n'est pour l'instant pas naturel. «C'est surtout parce qu'on devait employer des mots clés très limités», estime Michael Gartenberg. Selon lui, «de nombreux experts pensaient que l'écran tactile ne remplacerait jamais le clavier, et Apple les a fait mentir.» Si Siri marche comme promis, il pourrait au moins se révéler utile quand on a les mains occupées (course à pied, conduite). Et sans doute un peu plus si les développeurs en tirent parti. La compréhension du langage humain, une ultime frontière bientôt franchie?