Avec «Timeline», Facebook veut mettre l'utilisateur au coeur du partage

WEB Pour une fois, ces changements pourraient ne pas être détestés par les utilisateurs...

Philippe Berry

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La page «Timeline» du nouveau profil Facebook, dévoilé le 22 septembre 2011 par Mark Zuckerberg.
La page «Timeline» du nouveau profil Facebook, dévoilé le 22 septembre 2011 par Mark Zuckerberg. — FACEBOOK

De notre correspondant à Los Angeles

Mise à jour: Le nouveau profil est lancé en France ce jeudi 15 décembre, et sera disponible progressivement en France et partout dans le monde. Une fois activé, les utilisateurs disposent de sept jours pour faire le ménage et décider ce qu'ils veulent enlever de leur Timeline. A terme, tout le monde sera forcé d'y passer.

Avec les nouvelles fonctions dévoilées jeudi, Facebook tente d'asseoir un peu plus son emprise sur le Web. Surtout, le réseau social, qui compte désormais 800 millions de membres (un internaute sur deux), veut surtout retrouver un peu de sa magie, alors que les changements de ces derniers jours ont à une immense majorité été accueillis par un «c'était mieux avant / je ne retrouve plus rien / le ticker viole ma vie privée / s'il te plaît Mark Zuckerberg, arrête de vouloir réparer quelque chose qui n'était pas cassé.» Mais cette fois, le gros lifting du profil et le partage de médias amené à exploser vont dans la bonne direction. Accessibles aux développeurs dès aujourd'hui, ils seront déployés dans les prochaines semaines pour les utilisateurs.

Timeline, l'histoire d'une vie

This is the first day of my life, chante Bright Eyes. Avec Timeline, Facebook tente plutôt un It's my life à la Bon Jovi. Timeline, c'est le nouveau profil, totalement remanié. Selon Mark Zuckerberg, l'idée est de raconter visuellement «l'histoire de votre vie». Imaginez une rétro de fin d'année de Time Magazine, avec les photos marquantes, les moments clés, les coups de cœur. Le tout personnalisable tel un puzzle, avec photos, posts, cartes, apps etc. Un bouton permet de voyager dans le temps, plus on remonte, plus les posts mineurs disparaissent.

C'est désormais une certitude, Google+ et Facebook sont en concurrence pour devenir un service d'identité. Avec Timeline, Facebook ne procède pas à un simple lifting mais tente de reconnecter avec ses membres en leur donnant les clés pour exprimer leur personnalité. Pas à la MySpace, avec des thèmes graphiques en pagaille, mais avec un choix des blocs mis en avant (voyages, art, exploits sportifs etc). Pour éviter la levée de bouclier, il est possible de choisir qui peut voir chaque élément.

Partage universel

Facebook veut faire passer son OpenGraph à la dimension supérieure. Jusqu'à présent, les apps utilisant les connexions sociales finissaient souvent par polluer un profil (horoscope, farmville). Désormais, avant d'ajouter une application, un aperçu donnera une idée du résultat final. Avec davantage de photos, elles vont de plus en plus ressembler à des widgets.

Musique, vidéo, articles... Facebook veut devenir le centre névralgique pour consommer et partager des médias. Une douzaine de partenaires musicaux ont signé (dont Spotify et Deezer) pour proposer des services dopés à la puissance du graph social Facebook. Traduction, il sera par exemple possible d'écouter en simultané ce qu'écoute un ami. Les services vidéo comme Netflix (aux Etats-Unis) ou des journaux comme le Wall Street Journal ou l'Equipe vont également proposer une expérience dans l'environnement Facebook, qui n’emmènera pas les lecteurs sur leur site.

Pour accompagner cette explosion, le bon vieux «like» va se diversifier en «lu, regardé, écouté, mangé» (et d'autres). Car au final, Facebook ne veut pas simplement devenir la couche sociale du Net. Le service veut lier nos vies sur le Web et en dehors. Un réseau pour les dominer tous. Google a du boulot.