Des déchets branchés emploi

Christophe séfrin

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Le modèle français est unique en Europe.
Le modèle français est unique en Europe. — V. PAUL / GRAPHIX

Transformer le plomb en or… ou plutôt en emplois. Les 6,5 kg de déchets électriques et électroniques (DEEE) dont chaque Français se débarrasse chaque année participent de façon active à l'économie sociale et solidaire. Pour cela, Eco-systèmes, l'éco-organisme agréé par les pouvoirs publics et financé par 35 fabricants et distributeurs, a pris différentes initiatives qui s'avèrent payantes. Chargé de collecter 74,3 % des DEEE nationaux (soit 311 515 tonnes en 2010), Eco-systèmes a noué des partenariats avec la fédération Envie et Emmaüs. Les deux organisations s'approvisionnent en DEEE et tentent de donner une seconde vie aux appareils collectés, les équipements non réparables prenant le chemin du recyclage.

Une demande croissante
Bilan 2010 : Envie a réutilisé 2 623 tonnes de DEEE et Emmaüs 2 972 tonnes, l'équivalent de 60 600 et 368 000 appareils. « Il n'y a pas d'équivalent à cette échelle en Europe », se félicite Christian Brabant, directeur général d'Eco-systèmes.
Sur le terrain, les structures diffèrent. Envie a créé 900 emplois de réinsertion pour réparer les appareils, puis les revendre à 50 % de leur prix magasin. But : développer des compétences et redonner confiance à des personnes en difficulté, qui travailleront là vingt-quatre mois maximum.
De son côté, Emmaüs évoque 1 000 emplois équivalents temps plein, notamment avec Les Ateliers du Bocage, sa filière spécialisée. Les « chiffonniers des nouvelles technologies » traitent de 25 000 à 30 000 mobiles chaque mois, dont 20 à 30 % seront revendus en boutique, bric-à-brac Emmaüs et même en ligne sur eBay.
Signe des temps, la demande de produits d'occasion bondit dans le public. « On pourrait en vendre 20 % de plus si nous les avions », constate Richard Debauve, le président d'Envie.