Volvo teste avec succès son système de voiture sans conducteur

AUTOMOBILE Dans le cadre du projet européen SARTRE, le constructeur suédois planche sur un «train» de voitures sans chauffeur qui suivent un premier véhicule conduit par un humain...

Philippe Berry

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Cette voiture de Volvo se conduit toute seule, grâce au camion devant elle.
Cette voiture de Volvo se conduit toute seule, grâce au camion devant elle. — VOLVO

Etre coincé derrière un camion, ce n'est pas exactement un rêve d'automobiliste. Mais s'il était possible de siroter son café et de lire son journal pendant ce temps-là, sans devoir se préoccuper du volant ni des pédales, certains pourraient être tentés. C'est le pari de Volvo, qui a procédé avec succès au premier test en conditions réelles de son «train de voitures», cette semaine en Suède.

L'expérience fait partie du projet européen SARTRE («Safe Road Trains for the Environment», Trains de la route sûrs pour l'environnement»). Sur le papier, le système est plutôt simple: un camion conduit par un chauffeur professionnel fait office de tête de convoi. Derrière, plusieurs véhicules équipés d'un récepteur et de capteurs suivent en file indienne. Vitesse, direction... Tous sont calés sur le camion sans qu'il y ait besoin de toucher à quoi que ce soit.

Un système sur les routes dans 10 ans?

Le premier test, avec une seule voiture, s'est déroulé comme prévu. La prochaine étape, c'est de passer à plusieurs véhicules, et surtout d'avoir un double système de communication avec le camion de tête, au cas où l'un tombe en rade.

Car bien entendu, la sécurité reste le souci numéro un, tout comme dans les tests de la voiture sans pilote de Google. Mais selon Volvo, 80% des accidents sur le route sont dus à un facteur humain. Par conséquent, une fois au point, un système automatique pourrait diminuer le nombre d'accidents. Dans son communiqué, le constructeur estime qu'un tel concept pourrait être une réalité d'ici 10 ans. Le principal avantage sur d'autres solutions concurrentes, c'est qu'il n'y a pas besoin de faire des aménagements sur le réseau routiers.

20% d'émissions en moins

Un tel système fait face à deux obstacles majeurs: législatif et sociétal. Tous les pays de l'UE devront d'abord adapter leurs réglementations. Surtout, il faudra convaincre les automobilistes d’accepter d'abandonner leur contrôle de leur véhicule. Les acteurs du projet SARTRE pensent qu'une solution flexible a les moyens de séduire: un véhicule pourrait par exemple rejoindre un convoi payant pendant 2 heures, histoire de faire une pause.

Selon Volvo, un «train de la route» semi automatique offrirait un autre avantage: 20% d'émissions en moins, grâce à une vitesse optimisée, tout en fluidifiant le trafic.

Seriez-vous prêt à abandonner le contrôle de votre voiture? Dites-le nous ci-dessous.