« la loi doit mettre fin au sentiment d'impunité »

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Le marché de la musique numérique stagne à 55,3 millions d'euros, soit une hausse de 3,5 %, depuis début 2009. Plafonne-t-il ?

Non. Il y a des signes positifs, comme la forte hausse du téléchargement légal et de la consultation en streaming. Aux Etats-Unis, il représente désormais 49 % du marché musical, il a atteint son point de bascule. Ce n'est qu'une question de temps avant que cette tendance gagne la France. Je souligne aussi que les chiffres publiés hier sont ceux de l'avant-Hadopi. Nous espérons que la loi mettra fin au sentiment d'impunité des pirates.

Pensez-vous que le marché numérique est adapté aux consommateurs ?

Oui, il existe une large palette d'offres en France, qu'il s'agisse d'achat « à l'acte » - single ou album -, de streaming ou d'abonnement. La visibilité est la principale difficulté des plates-formes.

Les majors jouent-elles le jeu ?

Elles ont plus que joué le jeu. Elles ont enlevé les verrous techniques [les DRM], négocié des prix différents selon les titres, entraînant une baisse du prix moyen, et se sont aussi associées aux nouveaux services, comme Deezer. On ne peut pas dire qu'elles se désinvestissent de ce marché, au contraire : elles tablent sur son développement. W

Recueilli par Sandrine Cochard