Un problème d'annuaire a rendu tous les sites Internet suédois inaccessibles

INFORMATIQUE Le bug a été réglé mais illustre la précarité du réseau...

Philippe Berry

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  — SIPA
De notre correspondant à Los Angeles

Internet est parfois bien fragile. Pendant environ une heure lundi soir, tous les sites suédois sont tombés en rade. Environ 900.000 noms de domaines .se n'étaient plus accessibles, ainsi que toutes les adresses email associées. Pas de pirates en cause, comme en février 2007: le problème est intervenu lors d'une opération de maintenance effectuée par l'Internet Infrastructure Foundation (IFF), l'organisation suédoise qui administre les noms de domaines en .se.
 
Que s'est-il passé? Selon RoyalPingdom, il s'agit d'un problème dans la mise à jour automatique des registres de l'IFF. Un script a, semble-t-il oublié d'inscrire un «.» (point) dans le registre. Et tous ceux qui se sont un jour arrachés les cheveux devant des lignes de code informatique le savent, un petit point vous manque, et rien de compile/marche comme vous le voulez.
 
Mauvais annuaires
 
Dans le cas du réseau Internet, chaque site est identifié par son adresse IP (pour la version vieillissante Ipv4, de type xxx.xxx.xxx.xxx où chaque xxx est un nombre entre 0 et 255). Cette adresse étant peu pratique à retenir, un nom de domaine lui est associé (20minutes.fr, par exemple). La correspondance repose sur un système de nom de domaine (DNS). C'est sur l'une de ces annuaires qu'un problème est survenu: lorsqu'un internaute tapait par exemple thelocal.se, la requête ne retournait pas l'adresse IP correspondante. A moins de connaître l'adresse IP de ses sites favoris, l'Internet suédois est resté silencieux.
 
Chaque nom de domaine (.com .se ou encore .fr) sont administrés par des organisations ou des entreprises différentes (l'AFNIC en France), le tout supervisé par l'ICANN. Contacté par 20minutes.fr, l'IFF ne cache pas son embarras et dit «enquêter» pour déterminer pourquoi les multiples points de contrôle n'ont pu empêcher le problème. L'organisation suédoise précise malgré tout «que le problème a été identifié immédiatement». Et que si des perturbations ont perduré mardi, c'est que «les fournisseurs d'accès à Internet stockent en cache les registres DNS». Traduction, ils ont, pour certains, conservé les annuaires erronés.
 
Un tel phénomène pourrait-il toucher les .fr ou les .com (80 millions de noms de domaines, selon RoyalPingdom)? «Absolument», affirme l'IFF, «tous sont basés sur la même architecture». L'AFNIC n'était pas disponible pour réagir dans l'immédiat.