Avec Surface, Microsoft passe à table

Christophe Séfrin
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 Elle mesure 108 x 69 x 54 cm, pèse 82 kg et possède un petit nom : Surface. On dirait une banale table de salon, mais ne comptez pas sur elle pour l'apéro, au risque d'abîmer son plateau habillé d'un écran tactile multipoint. Dévoilé aux récents TechDays de Microsoft à Paris, Surface « est un objet de loisirs et une table dédiée à une relation vendeur-client », précise Bertrand Audras, responsable technique du Microsoft Technology Center. 

   Baptisé « Attracteur », l'écran d'accueil de ce meuble révolutionnaire ressemble à la surface d'un bassin. Posez un doigt dessus, et des ronds dans l'eau s'affichent immédiatement. A chaque angle de Surface, des « contrôleurs », quatre boutons virtuels qui permettent d'afficher un menu de type carrousel. Surface, qui fonctionne sous Vista, peut accueillir de nombreuses applications, toutes plus étonnantes les unes que les autres, musique, photos, lecture du journal, dessin, cartographie. Exemple avec la photo : du bout du doigt, on extrait les images désirées de sa bibliothèque, on les agrandit (comme sur un iPhone), les fait pivoter pour les montrer à son voisin, etc. Même sensation novatrice avec une version tactile du logiciel Paint : on « trempe » le doigt (ou un vrai pinceau) dans un rond de couleur pour dessiner sur la table. 

   Plus fort encore, une application dédiée à la médecine permet d'accéder à une vision 3D des organes d'un patient, de zoomer sur l'un d'entre eux, de le faire tourner dans l'espace. « Cela permet de préparer une intervention chirurgicale en la démystifiant », explique Bertrand Audras. Réactive, conviviale et intuitive, Surface ouvre le champ des possibles. BMW la teste auprès de ses agents pour configurer des véhicules avec leurs options. Certains hôtels Sheraton l'ont déployée aux Etats-Unis avec un logiciel de cartographie dédié. Actuellement en phase de développement, elle s'affiche au prix fort (11 000 euros environ) et n'est pas promise à Monsieur Tout-le-monde. ■