2009, l'année de la fin des DRM?

MUSIQUE Apple et Warner Music renoncent, au moins pour un temps, aux verrous numériques qui empêchent la copie de CD ou jeux vidéos par exemple. Une bonne nouvelle?

Sa. C.

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Warner Music sur les pas d’Apple. La maison de disque américaine a annoncé mercredi qu'elle allait rendre disponible pour un an, à titre de test, son catalogue sans verrous numériques anticopie (les fameux DRM). La veille, Apple avait ouvert le bal en déclarant vouloir supprimer, d'ici fin mars, les DRM de la musique vendue sur sa plate-forme iTunes. Explications.

Que sont les DRM?
Ces «Digital Rights Management» sont de petits logiciels installés sur les CD, les jeux vidéos ou encore les morceaux téléchargés légalement. Concrètement, les DRM imposent par exemple l'utilisation d'un logiciel unique pour lire des fichiers, limitent leur enregistrement sur plusieurs supports ou empêchent l'installation de jeux sur plusieurs PC. Impossible donc de copier à l’infini une même chanson sur un ordi, puis un téléphone, puis un baladeur numérique puis un autre ordi puis une console de jeu portable. Et ce, même si c’est pour un usage privé. En revanche, en l'absence de DRM sur les morceaux téléchargés, on peut les écouter sur n'importe quel support et les transférer d'un appareil à un autre.

Que proposent Apple et Warner?
La mesure d’Apple concerne les morceaux des catalogues de trois des quatre majors américaines - Universal, Sony BMG et Warner – commercialisés sur iTunes. La quatrième, EMI, avait déjà abandonné les DRM sur iTunes dès avril 2007. Les labels indépendants avaient aussi suivi. Ce qui concernait alors déjà 8 millions de titres, sur les 10 millions que propose iTunes. «Les deux millions de titres restants seront débarrassés des DRM d'ici à la fin du mois de mars», selon le site 01net.

Warner Music préfère opter pour une expérimentation, jusqu’au 31 décembre 2009, sur l’ensemble de son répertoire mondial. Une offre restreinte aux deux principales plates-formes de vente en ligne françaises, Fnacmusic et Virginmega, même si Warner espère «étendre sa collaboration à d'autres partenaires très prochainement», selon le président de Warner Music France, Thierry Chassagne.

Quelle contrepartie?

Apple renonce à sa politique tarifaire - un titre pour 99 centimes - qui avait contribué au succès de sa plate-forme. Désormais, il y aura trois tarifs: 69 centimes, 99 centimes ou 1,29 dollar (idem pour les tarifs en euros). Cette nouvelle grille entrera en vigueur dès le mois d'avril.

Et les autres majors?

Les producteurs de disques français se sont engagés à tester le retrait des DRM dans le cadre du projet de loi «Création et internet», le dispositif antipiratage prévu par le gouvernement. De son côté, Universal Music France a annoncé fin octobre des expérimentations similaires à celle menée par Warner. La Fnac, dont dépend la plate-forme d’achat Fnacmusic, a indiqué dans un communiqué qu'elle prévoyait «de pouvoir proposer les catalogues de Sony-BMG et Universal Music sans DRM, d'ici la fin du premier trimestre» 2009.

Une victoire pour les internautes
Renoncer aux DRM est une avancée significative dans la façon d’aborder le problème du piratage. De l’aveu même du PDG d’EMI, Eric Nicoli, les morceaux sans DRM se vendent mieux que les mêmes morceaux avec DRM. La preuve que les DRM ne sont pas l’arme adéquate contre le téléchargement illégal. La fin annoncée des DRM permettra donc aux internautes de profiter (enfin) librement des morceaux acquis légalement.