Utiliser son identité Facebook pour surfer: pratique ou inquiétant?

HIGH-TECH Facebook Connect se montre plus largement, tandis que Google et Myspace...

Philippe Berry, à Los Angeles

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L'interface Facebook
L'interface Facebook — DR

De notre correspondant à Los Angeles


Le web devient de plus en plus social. On partage avec ses amis/contacts ses photos, ses articles favoris, ses playlists, ce que l’on est en train de faire, son statut conjugal... Bref, sa vie. D’un côté, les Flickr, Twitter, LastFm et tous les réseaux sociaux. De l’autre, l’immense majorité des sites web, où l’on surfe toujours surtout en solo. Ca va changer.

 

Dimanche, Facebook en a dévoilé davantage sur son Facebook connect, jusqu’ici testé de manière minimale. Pour faire simple, il s’agit d’un pont entre le réseau social et des sites tiers partenaires. Exemple, avec un faux site consacré à la course à pied, créé pour l’occasion. Pas besoin de passer par la pénible étape de création d’un profil et d’activation de son compte: un simple clic sur le bouton «se connecter avec Facebook» suffit. Ensuite, si vous publiez une note «J’ai couru 5 miles sur la plage de Santa Monica le 22 novembre» sur le site, il vous demande si vous voulez également la faire apparaître sur votre wall Facebook (pour les non initiés, il s'agit de l'endroit où toutes vos activités passionnantes sont publiées).

 

Pour l’instant, l’utilisation de Facebook Connect est limitée (entre autre, un site people de CBSCitySearch, Netvibes). Mais les poids lourds Digg et Twitter doivent rejoindre l’aventure sous peu.

 

Google et MySpace sur le coup

 

Pour l’utilisateur, un gros avantage: gain de temps et de confort, avec une seule identité. Et à terme, la possibilité de partager ses intérêts/coups de coeur plus facilement, et de voir si ses amis surfent sur le site que l'on visite. Pour les sites partenaires: un accès à vos informations, à votre réseau d’amis, et surtout la présence de liens vers leur site à chaque update sur votre wall Facebook. Pour ce dernier, une connaissance de ce que vous faites en dehors de Facebook et l’opportunité de caser des pubs encore plus ciblées.

 

Facebook n’est pas tout seul. Google veut démocratiser son Open Social et son système Friends Connect (auquel Facebook devait participer avant de réaliser qu’il avait bien plus intérêt à se lancer en solo). MySpace, de son côté, propose son outil Data Availability et, avec d’autres (dont Yahoo), fait la promotion de la solution OpenID.

 
Big Brother
 

En matière de réseau social, tout se résume à qui a le plus gros. Avec ses 120 millions d’utilisateurs, Facebook est le roi. Surtout que depuis un bon moment, MySpace n’est plus vraiment cool. Pourtant, Facebook Connect est loin de faire l’unanimité.

 

D’abord, il y a eu l’expérience catastrophique Beacon, la plateforme publicitaire de Facebook lancée puis retirée devant la bronca (et une class action) des internautes sur des questions de protection de la vie privée. Ce coup-ci, Facebook jure que l’internaute aura un accès complet sur ce qu’il choisit d’autoriser ou pas.

 

Ensuite, il y a une question plus philosophique: voulez-vous que vote identité Internet unique appartienne à une société privée, dont le but premier est de faire de l’argent. En plus, alors que MySpace et Google tentent de promouvoir des systèmes assez ouverts, Facebook, lui, fait le choix d’un système propriétaire fermé pas vraiment dans l’air du temps.

 

Enfin, et c’est un fondateur d’une startup qui pose la question dans un commentaire sur TechCrunch: «Pour un petit site, Facebook Connect est du pain béni. Mais que se passera-t-il s’ils décident de changer leur politique?» Comprendre, «s’ils décident de faire payer les sites partenaires», une fois que ces derniers seront Connect-dépendant. La réponse? Peut-être qu’alors, Facebook fera des bénéfices.