Nintendo, Sony et Microsoft se cherchent au Tokyo Game Show

JEU VIDEO La rencontre a pris une tournure hautement stratégique...

Mathias Cena

— 

Des cosplayers japonais, au Tokyo Game Show, le 11 octobre 2008. 

Pour les dernières news sur les jeux vidéo, cliquez ici...
Des cosplayers japonais, au Tokyo Game Show, le 11 octobre 2008.  Pour les dernières news sur les jeux vidéo, cliquez ici... — REUTERS/Yuriko Nakao

Qu’on ne s’y trompe pas: le Tokyo Game Show, avec ses presque 200.000 visiteurs, son atmosphère familiale, son outrance toute nipponne et ses hôtesses qui se disputent le short le plus court, est bien une étape de la guerre sanglante que se livrent toute l’année Nintendo, Sony et Microsoft. Particulièrement attendue après le bide du salon américain de l’E3 en juillet dernier, d’où les trois «gros» étaient repartis sans avoir rien annoncé de fracassant, la rencontre, qui a démarré jeudi, a pris une tournure hautement stratégique, plus proche de la partie d'échecs que du combat de «Street Fighter IV».

Le fier Nintendo, qui caracole en tête des ventes dans le monde entier, boude ce salon depuis sa création en 1996 et avait donc organisé son propre événement quelques jours plus tôt. Restaient donc Sony et Microsoft, qui se disputent âprement le marché asiatique.

Microsoft fait une percée au Japon

L'Américain, longtemps bon dernier au Japon, y vend pourtant depuis quelques semaines plus de Xbox 360 que son concurrent de PlayStation 3. Et ce grâce à plusieurs baisses de prix de sa console et surtout à la sortie de plus en plus régulière de RPG (jeux de rôle), dont sont friands les Japonais. Très à son aise à Tokyo, le constructeur s'y est tout bonnement présenté comme un pont entre les cultures.

Sa conférence de presse a d'ailleurs eu un écho particulier devant un parterre de professionnels japonais du jeu vidéo, émus un peu plus tôt par le constat du président de Square Enix, éditeur nippon spécialiste des RPG: selon lui, le Japon a perdu son hégémonie en matière vidéoludique. Surfant sur cette réalité, le constructeur américain a commencé par insister sur le potentiel que représentent les productions nipponnes, qui méritent, selon lui, d’être mieux connues en Occident. Et s’est proposé de relever ce défi, rappelant au passage qu’il pensait atteindre après Noël le milliard de dollars de recette uniquement pour les jeux japonais.

La guerre entre Microsoft et Sony n’a pas eu lieu

Sans surprise, les jeux annoncés étaient pour la plupart des productions japonaises (à l'exception de «Halo 3: Recon»), comme le survival-horror «Resident Evil 5» et les RPG «Star Ocean» et «The Last Remnant». Moins attendue, la version Xbox 360 de «Tekken 6», prévue pour fin 2009 aux Etats-Unis et au Japon, illustre une autre tendance de Microsoft, qui récupère régulièrement des jeux jusque-là exclusifs à Sony. La saga de jeux de combat Tekken était ainsi réservée à la PlayStation depuis 1995.

Face à cette orientation japonaise de Microsoft, Sony, dont les ventes de consoles dans l'archipel continuent de baisser, n'a pas semblé s'affoler. Le groupe n’a pas tenu de conférence de presse et a mis en avant sur son stand des productions occidentales, notamment le jeu «Little Big Planet», développé exclusivement pour la PlayStation. Manque de titres à vanter ou calcul pour tenter de renforcer sa présence en Europe et aux Etats-Unis? En tout cas, en évitant de se mesurer sur le même terrain, les deux constructeurs ont encore repoussé le combat déjà esquivé cet été.