Bitcoin, Libra... Donald Trump «pas fan» des cryptomonnaies «qui ne sont pas de l'argent»

ECONOMIE Selon le président américain, Facebook devra respecter «toutes les régulations bancaires» avec sa devise virtuelle

Philippe Berry

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Dix ans après l'arrivée du Bitcoin, Facebook espère lancer la cryptomonnaie Libra en 2020.
Dix ans après l'arrivée du Bitcoin, Facebook espère lancer la cryptomonnaie Libra en 2020. — Christian Ohde/SIPA

Le message est clair. Alors que Facebook doit s’expliquer devant le Congrès sur ses intentions avec Libra la semaine prochaine, Donald Trump a donné le fond de sa pensée sur Twitter jeudi. « Je ne suis pas un fan des cryptomonnaies, qui ne sont pas de l’argent et dont la valeur est très volatile et basée sur rien », écrit le président américain.

Les cryptomonnaies ont fait florès depuis la sensation créée par le bitcoin et il en existe aujourd’hui quantité ; mais c’est l’annonce le 18 juin par Facebook qu’il allait se lancer dans l’aventure avec la Libra qui a provoqué une onde de choc parmi les régulateurs financiers du monde entier.

Fort de ses plus de 2 milliards d’usagers, la monnaie électronique que le premier réseau social du monde veut lancer en 2020 avec bon nombre de partenaires pourrait bien bouleverser tout l’écosystème monétaire.

« Nous n’avons qu’une devise, c’est le dollar américain »

Donald Trump, lui, n’y croit pas. Pour le président américain, la Libra aura « peu de standing et de fiabilité ». Mais il a mis en garde Facebook « et d’autres entreprises » que s’ils voulaient devenir des banques, ils devraient en respecter la réglementation aussi bien aux Etats-Unis qu’ailleurs dans le monde. « Nous n’avons qu’une seule devise aux Etats-Unis (…) et elle s’appelle le dollar américain », a conclu le locataire de la Maison Blanche.

Signe des interrogations et même des inquiétudes, l’arrivée annoncée de la Libra et l’essor des cryptomonnaies plus généralement feront l’objet d’un rapport présenté aux pays du G7 lors d’une réunion la semaine prochaine.

Les banques centrales très frileuses

« Plus nous investiguons ce projet, nous, la communauté des régulateurs, plus nous avons d’interrogations sérieuses et potentiellement de réserves », a mis en garde jeudi le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhaut. Son homologue de la Fed est lui aussi revenu sur le sujet mercredi et jeudi devant le Congrès.

« Je pense qu’il va falloir faire une évaluation prudente et minutieuse des risques » que comporte le projet de monnaie Libra qui, « vu la taille du réseau » Facebook, a le potentiel « très probable de devenir une devise d’importance systémique », a mis en garde Jerome Powell jeudi.

Cetains élus américains ont déjà demandé un gel pur et simple du projet Facebook. Selon Facebook, Libra doit offrir à partir de courant 2020 un nouveau mode de paiement en dehors des circuits bancaires traditionnels : elle se veut la pierre angulaire d’un nouvel écosystème, affranchi de la barrière des différentes devises, un outil susceptible d’intéresser notamment les exclus du système bancaire, dans les pays émergents par exemple.